Dans le cadre de leur service militaire, les israéliens pouvaient participer à des activités sociales, comme celle de s'occuper d'enfants demandeurs d'asile. C'est désormais fini.

A Tel Aviv en Israël, l’horizon des enfants des demandeurs d’asile s’est encore rétréci.

Il y a quelques semaines le nouveau ministre de la défense, l’ultra nationaliste Avigdor Lieberman a supprimé le programme qui permettait aux soldats israéliens de s’occuper de ces enfants dans le cadre de leurs activités de volontariat.

C’est une spécificité israélienne. Quand ils font leur service militaire, les recrues épaulent ou encadrent des activités sociales.

Le ministre de la défense considère aujourd’hui qu’il y a d’autres priorités. C’est devenu un débat politique. Et ces enfants ont perdu un soutien jugé important par les associations.

Un reportage d’Etienne Monin

SI on devait utiliser un terme officiel pour définir cet endroit, on dirait, c’est une garderie. Mais ce que l’on voit quand on pousse la porte de cette espèce de petit préfabriqué c’est plutôt un lieu de stockage pour des enfants africains de moins de 6 ans.

On est dans les quartiers sud de Tel Aviv. C’est le point de convergence de l’immigration illégale en Israël. IL y a une vingtaine d’enfants dans la garderie. Ils sont un peu excités parce que des volontaires de l’association ELIFELET viennent leur faire un spectacle. Sinon leur quotidien, ce sont ces quatre murs. Et c’est tout le problème explique Julia Sharao responsable des volontaires pour ELIFELET.

Ces enfants qui comptent les heures dans cette garderie du sous-développement sont érythréens et soudanais. Leurs parents sont entrés illégalement en Israël. Ils sont demandeurs du droit d’asile très rarement délivrés par le pays. Ils sont donc sans statut véritable. C’est dans ce contexte que se situent les garderies. Il y en 90 à Tel Aviv. C’est à la fois le miroir de la précarité et un business très lucratif.

Pour sortir les enfants de ce confinement les soldats israéliens ont été pendant deux an une force d’appoint pour l’association et un horizon pour les gamins, privés aujourd’hui de sorties.

La décision du ministre de la défense a été violemment critiquée par la gauche comme un geste raciste. Elle est défendue par la droite au nom d’une préférence nationale. Dans les quartiers sud de Tel Aviv une partie des habitants rejettent les migrants. Perçus comme un facteur d’insécurité.

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