Nous nous arrêtons ce matin à Poissy, dans les Yvelines. Ville de 37.000 habitants, avec une forte histoire industrielle. France Inter a assisté à une soirée de débats organisée hier soir à l'initiative de la mairie. 3 heures d'échanges parfois vifs, souvent émus, entre habitants aux profils très variés.

Pendant 3 heures, les participants au grand débat à Poissy ont pris tour à tour la parole.
Pendant 3 heures, les participants au grand débat à Poissy ont pris tour à tour la parole. © Radio France / Claire Chaudière

Le rendez-vous avait été fixé au Forum Armand Peugeot, ancien complexe - salle de spectacle de PSA aujourd'hui propriété de la ville de Poissy. La règle : 2 minutes de temps de parole par personne. Dès le début du débat, les idées fusent : "Moi je suis pour supprimer toutes les niches fiscales", "obligeons les chefs de grandes entreprises à vivre et payer leurs impôts en France",  "si l'on supprime la taxe d'habitation, il faut que ce soit pour tous les Français", "tous les membres d'un pays devraient payer l'impôt sur le revenu, même 1 euro symbolique!". 

Justice fiscale, équité... et transparence

De nombreux habitants de Poissy réclament plus de transparence et d'exemplarité comme cette jeune femme qui affirme que "certains pays mettent en ligne les notes de frais des députés. Je voudrais pouvoir les consulter et si ça ne me plaît pas, en rendre certaines publiques".  D'autres plaident pour plus de transparence dans le suivi de l'argent public pour l'utiliser plus efficacement. "Mieux suivre l'argent public et éviter toutes ces strates administratives. A quoi sert le Grand Paris? Il y a déjà la Région !"

Démocratie, citoyenneté, fiscalité et finances publiques étaient au menu des discussions.
Démocratie, citoyenneté, fiscalité et finances publiques étaient au menu des discussions. © Radio France / Claire Chaudière

Aides sociales, "assistanat" et tensions dans la salle

A plusieurs reprises, il est question de ces chômeurs qui ne chercheraient pas d'emploi : "Nous sommes confrontés à des gens qui disent j'ai des aides, je n'ai pas besoin de travailler. Cela pose un vrai problème."

Il faut aussi supprimer l'Aide Médicale d'Etat, c'est très bien mais c'est de l'humanitaire et on ne peut plus se le permettre

Réponse d'un responsable associatif du quartier de La Coudraie à Poissy : "Tout ça c'est du fantasme. Ces quartiers remplis de gens vivant de l'assistanat c'est faux. Ce que vous dites me fait peur."

Chaque participant était invité à respecter une durée de prise de parole d'environ 2 minutes.
Chaque participant était invité à respecter une durée de prise de parole d'environ 2 minutes. © Radio France / Claire Chaudière

Les gens qui parlent sans toujours se parler

La nécéssité d'un renouveau démocratique aura été l'un des thèmes les moins clivants. Proposition de "vote obligatoire", "prise en compte du vote blanc", "proportionnelle aux municipales", "réferendum d'initiative citoyenne" mais uniquement "local" plaident certains dans l'assistance. 

A la sortie Mohamed est un peu sonné.

J'ai l'impression que ce grand débat divise plutôt qu'il ne rassemble. Il accentue les divisions. On voit les fractures de notre société. 

Dans ce contexte, le RIC est dangereux car "on n'accepte plus l'autre : le politique, le riche, le pauvre, le malade... c'est très inquiétant" renchérit Corina, pessimiste. 

Cécile, elle, quittera la salle des débats plutôt apaisée : "au moins les gens parlent, échangent. Ils ne sont pas du même avis mais ne se referment pas sur eux même. Le vrai danger c'est ça."

Vers 21 heures 30, la centaine de participants quitte la salle. La neige a recouvert les trottoirs.
Vers 21 heures 30, la centaine de participants quitte la salle. La neige a recouvert les trottoirs. © Radio France / Claire Chaudière
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