C’est ce mercredi que la ministre de la Santé va annoncer des mesures pour les EHPAD. Dès mardi, France Inter vous en dévoilait les grandes lignes : développement de la télémédecine, plus de moyens financiers et surtout une infirmière de nuit dans chaque EHPAD. Des mesures qui n’arrivent pas à convaincre sur le terrain

L'EHPAD "La résidence Sainte Claire" à Noyant-La-Gravoyere dans le Maine et Loire entre Angers et Rennes
L'EHPAD "La résidence Sainte Claire" à Noyant-La-Gravoyere dans le Maine et Loire entre Angers et Rennes © Radio France / Philippe Randé

Philippe Randé s'est rendu dans l’EHPAD "la résidence Sainte Claire" dans le département du Maine et Loire, entre Angers et Rennes.

On n’a pas besoin d’infirmière de nuit, on veut des aides-soignants !

Devant le planning affiché sur le mur de son bureau Franck Tessier, le directeur de l’EHPAD observe les cases vides : "Aujourd'hui nous on a deux personnes en arrêt maladie. Sur notre planning concrètement actuellement il manque des aides-soignants. Il y a quatre agences d'intérim sur notre département, elles n'ont pas de personnel à nous proposer. Pour cet été on est tellement inquiets de cette pénurie d'aides-soignants qu'on a carrément mis une affiche sur la porte d'entrée en demandant aux familles si elle avaient connaissance dans leur entourage de gens aide-soignant ou élèves infirmiers qui cherchaient du travail pour les l'été et qu'on était prêt à recruter. L'affiche est mise depuis deux mois. On a eu zéro candidat."

Du coup, pour arriver à s’occuper des 70 résidents, les aides-soignants présents doivent faire encore plus. C’est le cas de Joel, 53 ans, il travaille en EHPAD depuis 10 ans : "J'ai très mal au dos en ce moment et là j'en suis à ma septième journée consécutive de travail - alors qu'on n'a pas le droit normalement - parce qu'il a fallu remplacer ce week-end. Le directeur a demandé des volontaires pour travailler exceptionnellement en plus. On n'est que deux pour 12, 13 personnes, on ne peut pas faire plus que ce qu'on fait aujourd'hui. Avant je travaillais dans le privé, dans l'industrie, je gagnais 1 800 euros par mois, aujourd'hui je gagne 1 300 euros. C'est  épuisant."

Et Joel le dit, les rallonges budgétaires prévues par le gouvernement, il n’y croit pas. 

Une profession toujours plus exigeante, du coup dans les instituts de formation, il y a de moins en moins de candidats au métier d'aide-soignant. Ils ont baissé de 30 % en moyenne ces deux dernières années. Et pourtant à la résidence Sainte-Claire les chambres sont toutes occupées avec une moyenne d'âge de 88 ans. 

Andrée 83 ans, résidente de l’EHPAD "La résidence Sainte Claire" à Noyant-La-Gravoyere dans le Maine et Loire
Andrée 83 ans, résidente de l’EHPAD "La résidence Sainte Claire" à Noyant-La-Gravoyere dans le Maine et Loire © Radio France / Philippe Randé

Andrée est hémiplégique depuis deux ans. Elle est dans une chambre individuelle au premier étage : "C'est bien embêtant, les filles ici sont toutes bien gentilles, mais c'est toujours pressé, pressé, pressé, fait faire vite, vite, vite. Elles seraient plus nombreuses elles auraient plus de temps. Il faudrait aussi qu'elles soient mieux payées."

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.