C’est un sport encore méconnu mais en plein essor : la pirogue polynésienne qui désormais se pratique partout dans le monde. L’une des courses les plus dures se déroule à partir de ce jeudi, non pas dans les lagons couleur turquoise de Tahiti mais aux Sables d’Olonne en Vendée.

La Va'a est l’une des courses les plus dures de pirogue polynésienne.
La Va'a est l’une des courses les plus dures de pirogue polynésienne. © Radio France / Jérôme Val

La Vendée Va’a (Va’a signifie pirogue en tahitien) fête sa dixième édition jusqu’à samedi. C'est l’une des courses les plus dures de pirogue polynésienne et elle débute jeudi aux Sables d’Olonne (Vendée). Au programme, 128 kilomètres à parcourir en trois jours. C’est l’occasion de découvrir une discipline ancestrale en Polynésie et qui séduit de plus en plus de rameurs.  

Aux Sables, les pirogues à balancier sont alignées sur le sable. Le tamouré, les danses et les chants traditionnels polynésiens, résonne dans les rues : ambiance garantie à un petit détail près ! Les eaux translucides des lagons laissent la place à la fraîcheur de l’océan. L’eau est à 14 degrés à cette époque, la combinaison est obligatoire pour les rameurs, comme Stéphanie Vigier, l’une des 42 femmes alignées sur la Vendée Va’a. "Ce qui m’a poussé vers la pirogue, c’est l’attrait de la mer, l’équipage, la façon de ramer et de pagayer ensemble", raconte-t-elle. "On appelle le Mana, l’esprit entre nous, l’esprit traditionnel qu’il y a avec les autres équipes, les prières que l’on fait avant le départ des courses."

Un moyen de locomotion avant de devenir un sport

La pirogue a longtemps été le seul moyen de locomotion des Polynésiens avant de devenir un sport il y a plus d’un siècle. On le pratique aujourd’hui à peu près partout, y compris là où on ne s’y attend pas. L’équipe de Vaulx-en-Velin, à côté de Lyon, s’entraîne sur un lac. "C’est un lac qui fait dix kilomètres de circonférence et on tourne dessus. Notre point faible, c’est le surf. On est bon sur le plat mais il ne faut pas qu’il y ait de la grosse houle parce qu’on est pas surper techniques", souligne Éric Archambault est rameur et président de ce club.

La pirogue n’est pas l’apanage des Polynésiens et des Français de métropole. Il y aurait aujourd’hui plus de 30 000 pratiquants dans le monde. C’est une discipline qui s’internationalise, constate Philippe Vallée, directeur de la Vendée Va’a : "La pirogue se pratique beaucoup en Océanie, dans les îles, en Nouvelle-Zélande et jusqu’au Chili. Mais on a la chance d’accueillir sur la dixième édition de la Vendée Va’a des Brésiliennes, des Anglaises et des Italiens. Il y a maintenant des championnats du monde dans la catégorie sprint et des championnats du monde depuis deux ans en marathon. C’est un sport qui se développe."

Aller au-delà des clichés

Cet attrait pour la pirogue, c’est une fierté pour les Polynésiens, désireux de mieux faire connaître leur culture au-delà des clichés. "On rêve d’olympisme dans notre fédération mais avant de penser à ça, il faut qu’il y ait beaucoup de pratiquants et donc se faire connaître à travers le monde" souligne Tehira Roopinia, 37 ans, est le capitaine de l’équipe ATN, venu de Tahiti. "C’est le sport le plus pratiqué en Polynésie et maintenant on cherche à le promouvoir un peu partout dans le monde." 

Avec trois marathons en pleine mer en trois jours, 45 000 coups de rame en moyenne, la Vendée Va’a espère recruter de nouveaux adeptes.  

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