Les bienfaits du silence sur notre santé physique et psychique. Le silence qui reste l’une des clés de la créativité et de la sérénité.Il y a quelques jours, en milieu d’après-midi, j’ai mesuré les décibels à la sortie du métro la Chapelle, à Paris, à l’aide d’une application sur mon smartphone.

Faire le silence
Faire le silence © Getty / PhotoAlto/Sandro Di Carlo Darsa

Une mesure d’amateur, certes, mais qui frappe les tympan : entre 90 et 100 décibels… Désigné coupables : le vrombissement des camions, des bus, des automobiles, les klaxons assourdissants, le passage incessant du métro aérien, la foule bruyante…

Tout au long de la journée, nous subissons un fracas incessant

Assommés par des bruits supérieurs à 60/70 décibels… C’est d’ailleurs le seuil des perturbations intellectuelles et physiques. L’excès de bruit agit comme un pivert qui nous tape sur le système. Avec un impact majeur sur notre psychisme, notre état de fatigue, notre santé cardiovasculaire, notre niveau de stress, nos sécrétions hormonales. Nous verrons pourquoi le silence sous toutes ses formes fait du bien à notre cerveau, favorise notre créativité et notre sérénité.

  • Comment s’accorder des moments de silence dans un monde bruyant ?

Pourquoi taire notre brouhaha mental est fondamental pour retrouver notre équilibre.

Bref, le silence est d’or et il peut enrichir notre vie.

Des formes multiples de silences

Il faut toujours quelqu'un qui écoute le silence pour le définir. Ainsi Michel Le Van Quyen définit différents silences : 

L'absence de bruits est évidente mais il existe un silence qui est plus intérieur. 

C'est faire taire la petite voix qui est dans notre tête et laisser place à la rêverie, à la méditation pour le chercheur.  

Pour Christophe André, le silence absolu n'existe pas. On cherche tous des moments de calme. Silence corporel, silence des yeux, silence auditif... Michel Le Van Quyen en liste plusieurs. 

Les preuves des nuisances du bruit

Les effets des nuisances sont avérées. Le niveau de bruit se mesure en décibels. A partir de 85 dB on parle de seuil de risque, 90 dB seuil de danger (NB : une discothèque est en général à 100 dB). Le premier risque est évidemment la détérioration de l'oreille, elle se manifeste d'abord par des acouphènes. Puis une fatigue auditive ensuite une augmentation du seuil de l'audibilité et enfin une perte de l'audition. 

Des bruits plus petits peuvent aussi agresser l'organisme. Lors d'une expérience, on a mesuré un taux de cortisol élevé (hormone du stress) chez des personnes que l'on avait exposé à un "petit bruit" (60 dB) durant la nuit. 

Le silence fait-il peur ? 

Les gens fuient le bruit c'est une tendance. Mais pas certain qu'ils cherchent le silence. Ce que Michel Le Van Quyen confirme : 

Pour beaucoup, le silence fait peur. C'est la peur de se retrouver confronté à soi-même. La peur d'être seul.

Notre incapacité à nous déconnecter, la fameuse "Fear of missing out" (Fomo) ou encore nomophobie traduisent de fait un état dans lequel notre société semble s'être engouffrée.  Le "bruit" des réseaux sociaux est continuel, et nous embrouille également le cerveau. Pour Rémy Oudghiri : 

Les gens sont de plus en plus conscients qu'ils sont happés par le flux des messages, des posts, des sollicitations.

A défaut de rechercher du silence, les gens rechercheraient donc de la déconnexion

La suite à écouter...

avec

  • Michel Le Van Quyen, chercheur en neurosciences, auteur de Cerveau et silence ed.Flammarion
  • Rémy Oudghiri, sociologue, directeur général adjoint de Sociovision, Déconnectez-vous ! ed.Arléa

Choses Vues par Christophe André

Partenariat Femme Actuelle / Marie-Laure Zonszain

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