France Inter se mobilise pour la culture : comment rouvrir les librairies après le confinement où l'on a l'habitude de flâner, de feuilleter les livres, et d'échanger aussi avec les libraires ? Comment les éditeurs vont-ils s'organiser à la rentrée prochaine, comment les auteurs vivent-ils l'après-confinement ?

Culture, l'état d'urgence : la culture à l'épreuve de la crise - Les librairies, les auteurs, les éditeurs
Culture, l'état d'urgence : la culture à l'épreuve de la crise - Les librairies, les auteurs, les éditeurs © Getty / pixelfit

Culture, l'état d'urgence : sauvons les Livres

Toute la chaine du livre est paralysée depuis la mi-mars, qui représente environ 5 milliard d'euros de chiffres d'affaires, et près de 83 000 salariés, dans les maisons d'édition, les librairies, les bibliothèques, les imprimeries, dans quelles conditions vont rouvrir les librairies, quid des mesures de sécurité sanitaire, comment la rentrée littéraire va-t-elle se passer ? 

  • Christilla Pellé-Douël, chef de la rubrique Livres à Psychologies Magazine
  • Julia Kerninon, écrivaine
  • Dominique Bordes, fondateur de Monsieur Toussaint Louverture 
  • Hugues Jallon, PDG des éditions du seuil 
  • Marie-Pierre Gracedieu, éditrice du domaine étranger chez Gallimard 
  • Sophie de Sivry, fondatrice et éditrice des éditions L'iconoclaste
  • Guillaume Nayl, Président de La Charte 
  • Marie-Rose Guarniéri, libraire (librairie des Abesses, 18e arrondissement)

Une initiative face à la crise : "la librairie de comptoir"

Marie-Rose Guarnieri a mis un système de livraison, de librairie de comptoir face à la rue. Les gens lui communiquent leur demande par Internet : 

Ça m'a permis de réaliser combien les lecteurs de ce quartier étaient attachés à la présence des livres dans leur quartier

"C'est un petit socle de respiration financière pour régler un certain nombre de charges, mais surtout de l'optimisme, de voir aussi la solidarité des lecteurs dans cette crise. Mais à côté de cela, il va vraiment falloir insuffler des ressources pour que les librairies survivent et retrouvent leur vitesse de croisière. Les lecteurs eux semblent prêts. 

Tout cela m'encourage à préparer activement l'ouverture, pour essayer de redonner de la qualité et un maximum de services. Je vais laisser les livres me guider pour avancer. Pour l'instant, depuis le début du confinement, ils m'ont toujours bien inspirée. 

Je suis tout à fait disposée à sauvegarder cette vocation 

Quant aux mesures de sécurité sanitaire, je ferai en sorte que les gens rentrent trois par trois, de manière assez éloignée, en mettant du gel hydroalcoolique à l'entrée, je ferai en sorte qu'ils puissent circuler en ayant des gants, des masques... 

Quant aux charges financières, cela m'a permis d'alléger mes finances. D'autant que certains éditeurs ont laissé un ou deux mois à certains libraires pour récupérer de la trésorerie le temps de rebondir".  

Les maisons d'édition face à la crise  

  • Dominique Bordes est le fondateur de Monsieur Toussaint Louverture :

"On n'a pas du tout arrêté de travailler ou opté pour le chômage partiel parce que j'estimais qu'il allait falloir travailler deux fois plus pour faire face à cette situation inédite dans les mois qui viennent. 

Travailler encore plus sur chaque livre, chaque lancement, chaque façon de les apporter au public

Cela va être compliqué dans les mois qui viennent. Les modalités ne sont pas encore très claires en termes de réouverture des librairies. Notre métier, c'est de fabriquer du désir chez le lecteur pour un livre et il va falloir faire preuve d'encore plus d'imagination et de créativité pour y arriver.

On travaille encore plus que d'habitude

  • Sophie de Sivry est fondatrice de L'Iconoclaste :

"L'arrêt de la librairie, ça a été très dur pour nous parce qu'on est en lien constant avec les libraires. C'est une période étrange qui amène plein de réflexions : quels sont les livres qu'on va promouvoir pour répondre à ce monde dès demain ? Quels sont ceux qui vont faire rêver, apporter des idées ? 

C'est une prise de conscience globale

  • Hugue Jalon est président directeur général du Seuil

"On a allégé nos programmes mais je n'avais pas de raisons de faire un choix pour choisir quel auteur j'allais sortir et publier en janvier ou en septembre prochain. Il ne faut pas oublier que la surproduction dans l'édition sous-tend aussi la question de la diversité, qui est la garantie de la vitalité de l'écosystème éditorial. Si réduire la production c'est publier des best-sellers non merci. 

À côté des titres phares pour attirer les gens en librairie, il en faut pour tout le monde 

Sophie de Sivry : Il faut saluer et miser sur les nouveaux moyens qui s'offrent à nous en cette période de crise. La vidéo s'est bien développée, l'audio aussi, cela ouvre vers de nouvelles formes d'accessibilité aux textes. 

La crise a ouvert de nouveaux modes pour concevoir notre métier

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