Comment expliquer qu’Harry Potter ait durablement enchanté ses lecteurs ? Au-delà de la lutte du bien contre le mal, quels sont les thèmes marquants de cette saga, qui continue à se vendre massivement et qui conquiert chaque année de nouveaux lecteurs ?

Détail de l'affiche D'Harry Potter et l'ordre du Phoenix, film de David Yates
Détail de l'affiche D'Harry Potter et l'ordre du Phoenix, film de David Yates © Warner Bros

Noémie, auditrice de l'émission, témoigne sur le répondeur : 

Harry Potter m'a appris que la magie existait et qu'elle était dans les livres.

Comment Harry Potter a appris à ses lecteurs à grandir, c’est la question posée ce matin, à l’occasion du vingtième anniversaire de la saga, imaginée par l’Ecossaise JK Rowling. 

Harry Potter, ce jeune sorcier accompagné de ses amis pour la vie, Hermione Granger, Ron Weasley, et protégé par des adultes bienveillants Albus Dumbledore, Minerva MacGonagall, le fidèle géant Hagrid, sans oublier l’ombre menaçante de Voldemort. 

Au-delà du plaisir de lecture, comment Harry Potter vous a-t-il aidé à grandir, à affronter certaines peurs, à vous confronter à la question du mal, de la mort et du libre-arbitre ?

Pour en parler, Ali Rebeihi reçoit :

Résumé de la saga Harry Potter pour quelqu'un qui n'en aurait jamais entendu parler

La saga Harry Potter raconte l'histoire d'un orphelin qui apprend le jour de ses 11 ans qu'il est un sorcier dont les parents ont été assassinés par un mage noir, Voldemort. Il reçoit une lettre d'admission à l'école de sorciers : Poudlard. La saga suit ses sept années de scolarité dans cette école où il va apprendre la magie mais aussi affronter beaucoup d'épreuves.

Harry Potter, ce sont sept romans parus entre 1997 et 2007. 

  1. Harry Potter à l'école des sorciers 
  2. Harry Potter et la chambre des secrets 
  3. Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban
  4. Harry Potter et la Coupe de feu
  5. Harry Potter et l'Ordre du phénix 
  6. Harry Potter et le Prince de Sang-mêlé 
  7. Harry Potter et les reliques de la Mort

Tous ces ouvrages se vendent encore très bien, selon l'institut de référence GFK : depuis le début de l'année 2017, cinq titres d'Harry Potter figurent dans les dix meilleures ventes de littérature de jeunesse… 

La saga Harry Potter s'insère-t-elle déjà dans la littérature classique ?

François Comba estime que la saga deJK Rowling s'insère dans la littérature classique, "parce que cela s'insère justement dans ce roman, à la fois tout est neuf et tout est vieux. Tout est neuf : il y a la carte du maraudeur, le saule cogneur, toute une inventivité... Mais en même temps tout est vieux : pour donner un exemple, Harry se retrouve dans la même situation qu'OEdipe, il doit donner la réponse à l'énigme et la réponse est lui-même."

La magie d'Harry Potter

Bruno Humbeeck : "Le grand génie de JK Rowling, c'est d'avoir inversé les codes. Le monde rêvé d'Harry Potter est décrit de manière très réaliste ; par contre le monde réel d'Harry Potter (les Dursley) est décrit de manière très onirique.

C'était une vraie surprise pour ceux qui analysait la littérature enfantine : on pensait qu'il fallait faire des livres très courts avec des grandes lettres et on s'est retrouvé avec un livre très long avec des petites lettres, quasiment sans images, avec effectivement une fascination.

JK Rowling a eu la très bonne idée de se débarrasser d'un genre : un livre n'atteint sa vraie stature que lorsqu'il échappe aux catégories. De la même manière que, d'un certain point de vue, Don Quichotte a tout l'air d'être un roman de chevalerie et c'est tout autre chose, je crois que là on a un roman qui a l'air d'être de la fantaisie, et puis le roman d'apprentissage et est bien plus important."

Pour lui, en tant que roman d'apprentissage, Harry Potter invite le lecteur à quitter l'enfance pour aller vers l'âge adulte. C'est une éducation :

  • à l'honnêteté 
  • au courage 
  • à la solitude 

Une "oeuvre doudou" ?

Une auditrice de Grand bien vous fasse et fan de la saga explique que les livres ou films d'Harry Potter sont pour elle une "oeuvre doudou". Elle les relit régulièrement. Pour Bruno Humbeeck, "le plus gros atout de ce type d'oeuvre, c'est que ça permet de passer de l'émotion à l'angoisse, en passant par l'état d'âme. Vous avez peur et une peur, ça se vit ça ne se contredit pas. Il faut éviter que ça devienne une forme d'état d'âme permanent, d'inquiétude et que ça se transforme en angoisse ou en terreur. On ne regarde pas Harry Potter en étant terrorisé, parce que la mort a été nommée (donc elle est maîtrisée). Les enfants et les adolescents diront : "oui, j'ai peur en regardant/lisant Harry Potter, mais ça me nettoie l'angoisse parce que simplement, on nomme les choses".

Faut-il réduire Harry Potter à la littérature jeunesse ?

François Comba : "Le texte quitte un peu les enfants : les premiers volumes sont écrits dans une langue assez accessible ; à partir du cinquième tome (qui comporte quand même des aspects un peu "tunnel"), il faut quand même que le lecteur fasse preuve d'un certain courage, il ne s'amuse plus autant à toutes les page. Et puis, on a un très haut degré d'élaboration dans les tomes 6 et 7. Dans le tome 6, JK Rowling puise dans la psychanalyse : apparemment elle connaît fort bien Melanie Klein, Winnicott et Lacan. Il y a également un vrai degré d'élaboration, d'intellectualité." 

Pourquoi lire Harry Potter ?

Ali Rebeihi a posé la question à ses invités. Leurs réponses :

Bruno Humbeeck : "pour grandir"

François Comba : "pour le plaisir"

A bon entendeur... ;)

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