À l’occasion de la journée, "ToutesFéministes" sur France Inter en partenariat avec le média numérique Konbini, "Grand Bien Vous Fasse" se transforme en agora pour discuter ensemble du féminisme à l’épreuve de la vie quotidienne.

Le féminisme à l'épreuve du quotidien (contraception, espace public, intimité, charge mentale…)
Le féminisme à l'épreuve du quotidien (contraception, espace public, intimité, charge mentale…) © Getty / izusek

Grand bien vous fasse n’a pas attendu cette journée pour s’intéresser à la vie quotidienne des femmes, qu’il s’agisse de la pilule, du tabou de la ménopause ou des règles, de l’importance du microbiote vaginal, de la charge mentale , ou plus récemment de leur puissance de pensée.

Mon objectif ce matin ? Eviter le mansplaining, la prétention de certains hommes d’expliquer aux femmes quelque chose qu’elle savent déjà, sur un ton paternaliste ou condescendant.

Et surtout de vous laisser la parole dans le public et au 01 45 24 7000, sans oublier l’appli France Inter et la page Facebook de GBVF.

Des féminismes ou un Féminisme ? 

Isabelle Alonzo : "Le féminisme, c'est tellement large que forcément, à l'intérieur, il y a des mouvements différents. Mais je crois que chaque féministe se reconnaît dans le féminisme en général quel qu'il soit, c'est un mouvement très varié et très démocratique".  

Anne Lucas : "Le féminisme c'est une possibilité d'être ce qu'on est. Les femmes ont lutté pour ne plus être assignées à des rôles, à des tâches, mais juste à pouvoir exister en tant que tel. L'idée, c'est de dépasser la distinction hommes ou femmes et d'exister en tant que tel. Le féminisme est là parce que les femmes se sont rebellées, ont manifesté, ont lutté pour arriver à dire je veux arrêter d'être mère et épouse". 

La volonté profonde, c'est de pouvoir dire : 'laissez-moi être' ! 

Sonia Feertchack : "Les hommes doivent se remettre en question notamment à l'endroit de la virilité qu'il faut les aider à redéfinir".

La vie quotidienne, un champ de bataille du féminisme ?

Sonia Feertchack souligne le rapport entre maternité et féminisme : "c'est aussi qu'on est rattrapé par son corps et il faut repenser l'idée de corps. C'est le féminisme au quotidien, le féminisme à l'eau de Javel, il faut absolument éduquer les garçons, ça implique auprès de nos enfants de faire la même chose.

Il y a vraiment quelque chose dans l'éducation. Pour que les gestes vraiment se modifient, il ne suffit pas d'inverser les choses, il faut inverser les esprits

- Laurence Devillairs

Avant d'ajouter de souligner la difficulté aujourd'hui que la société a aujourd'hui à nommer le corps : "comme si le corps chez la femme était d'une certaine façon plus présente que chez l'homme".

Comme si la femme se réduisait à son corps, il y a un vrai obstacle épistémologique

Libérer les tabous liés aux règles et aux moyens de contraception

La question des règles est encore entourée d'interdits, de stigmatisation et chez beaucoup de femmes, c'est encore une source de sentiment, de honte, d'anxiété qui n'a aucune raison d'être. Les nouvelles générations n'hésitent pas à se détourner de plus en plus de la pilule au profit d'autres méthodes contraceptives, mais non sans continuer à susciter toujours une incompréhension chez leur partenaire : 

Parler de contraception, c'est parler de notre santé, de notre sexualité, c'est partager le panier de linge sale dans son couple

- Clara Marlio-Magee

Hélène Jacquemin Le Vern explique comment la société en est venue à cultiver et entretenir ce tabou quant aux moyens de contraception et aux règles :"Les règles sont toujours associées à une notion de souillure, de saleté qui fait que trop de femmes n'osent pas voir de médecin ni d'en parler, c'est vraiment catastrophique, c'est quelque chose qui devrait être loin de gêner la vie quotidienne".

Hélène Jacques Malvern estime quant à elle que c'est justement cette dissociation fertilité/sexualité et maternité qui a permis un vrai progrès dans la possibilité pour les femmes d'envisager leur plaisir : "lorsque la femme ne prend pas la contraception orale, cela force le dialogue dans les couples, c'est une très bonne chose !". 

Le rapport à la contraception est un instrument de libération car il continue à être sexiste, c'est mettre un couvercle sur le corps de la femme, ça engage une responsabilisation partagée

- Laurence Devillairs

La suite à écouter…

Avec

  • Anne Lucas, infirmière puéricultrice, directrice de PMI 
  • Sonia Feertchack, auteure de L’Encyclo des filles
  • Laurence Devillairs, doyenne de la faculté de philo à l’Institut Catholique
  • Titiou Lecoq, journaliste, féministe, blogueuse, essayiste
  • Isabelle Alonso, écrivaine féministe
  • Hélène Jacquemin Le Vern, gynécologue
  • Clara Marlio-Magee, féministe millenial

Guillemette Odicino pour son Esprit d’escalier et l'une des porte-voix du collectif 5050

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