Que retirer de ces 55 jours de confinement en ce premier jour de déconfinement ? Comment disparait une épidémie, une pandémie virale ? Quid de l'utilité des masques, les erreur à éviter pour empêcher la propagation de la maladie... Toutes vos questions santé sur le Covid-19.

Vos questions santé en ce premier jour de déconfinement
Vos questions santé en ce premier jour de déconfinement © Getty / RealPeopleGroup

Premier jour de déconfinement : vos questions santé sur le Covid-19

Nous répondons à toutes vos questions santé sur le Covid-19. Le standard vous est ouvert ainsi que la page Facebook de l’émission.

Avec Baptiste Beaulieu, médecin généraliste, Vincent Maréchal, professeur de virologie à Sorbonne université et chercheur au centre de recherche à Saint Antoine et Robert Cohen, pédiatre et infectiologue à Créteil 

Le Zoom de Magali Léo, porte parole de Renaloo, associations usagers de la santé et gestion de crise. 

  • Bilan de l'expérience de Baptiste Beaulieu en temps que médecin

Baptiste Beaulieu : "Beaucoup de consultations qui se faisaient habituellement en présentielles se sont fait via la téléconsultation. C'était nécessaire pour ne pas mêler l'écosystème des patients entre eux dans la salle d'attente. C'est vrai qu'on perd quelque chose en téléconsultation mais ce que je retiens, c'est qu'en se concentrant sur un regard, on peut deviner d'autres choses qui ne sont pas dites habituellement".

  • Comment disparaît une épidémie virale ? 

Vincent Maréchal : "Ça dépend beaucoup des épidémies. Il arrive que certaines disparaissent totalement. Comme le SRAS en 2003, qui ressemblait beaucoup à celui qui circule aujourd'hui, qu'on a pu contrôler en l'espace de quelques mois en mettant en place des mesures barrières qui ressemblent beaucoup à celles d'aujourd'hui. Mais à cette différence près que le SRAS de 2003 on a pu l'arrêter alors que le Covid est beaucoup plus difficile. Il y a des épidémies qui évoluent, disparaissent à un endroit, c'est le cas de la grippe qui est devenue saisonnière, ce sont des virus qui apparaissent de façon cyclique, tout au long de l'année. Et puis, il y a des maladies dont une seule pour l'instant, a été éradiquée, c'est la variole, grâce à une campagne de vaccination".

  • Quelle est la probabilité que le coronavirus disparaisse avec l'été ? 

Vincent Maréchal : "Elle est relativement faible. Le virus continue de circuler énormément et quand bien même le nombre de cas diminuerait de façon très importante avant l'été, il est tout à fait probable qu'il continue à circuler à bas bruit et que ce virus réapparaisse après. Le problème du coronavirus, c'est qu'on a des foyers à l'échelle mondiale et que sa circulation doit être bloquée en France tout en étant également contrôlée ailleurs dans le monde, notamment pour éviter les cas de réintroduction de coronavirus sur le territoire européen ou le territoire national". 

Baptiste Beaulieu : "Il est très probable que le virus ne se propage pas de la même manière cet été qu'il ne se propagera cet hiver".

  • Existe-t-il des preuves scientifiques de l'utilité des masques pour réduire la transmission du virus ? 

Vincent Maréchal : C'est une vraie barrière, le masque reste un des éléments clés du blocage de la circulation des virus à voie respiratoire. Ce que n'empêche pas le masque, c'est la circulation du virus, des aérosols qui sont des microparticules qui peuvent rester en suspension dans l'air. L'intérêt des mesures barrières, c'est l'accumulation des effets bloquants. L'utilisation dans les transports en commun, à fortiori dans les espaces confinés, du masque, est évidemment quelque chose qui contribue à limiter la circulation du virus".

Baptiste Beaulieu : "Il vaut mieux porter un masque que rien du tout. S'il est mal utilisé, on augmente le risque de contamination. Il ne faut pas toucher la face extérieure avec les doigts. Il faut mettre et enlever le masque après s'être lavé les mains et le mettre et l'enlever en le tenant par les lanières et pas par la face extérieure. Il faut considérer qu'une fois qu'on l'a mis, il faut essayer de l'enlever et le remettre le moins souvent possible. Il faut le manipuler le moins possible. Il faut bien veiller à éviter que le bord supérieur du masque entre en contact avec le bord inférieur des paupières, car c'est aussi un des moyens de contamination. Il faut que ça couvre parfaitement la bouche et le nez". 

  • Quid des visites et réunions entre petits enfants et grands parents 

Robert Cohen : "Les enfants sont très peu porteurs de virus, aucun cluster dans le monde n'est parti dans le monde à partir d'enfants ou d'écoles. Il ne faut pas pour autant multiplier les contacts". 

Vincent Maréchal : "Il y'aura toujours des facteurs de risques, il faut en parler à son médecin pour évaluer les risques potentiels. Les dernières études sur les enfants sont très rassurantes, leur réponse immune est optimiste. Il faut simplement trouver le juste milieu pour tous se retrouver progressivement". 

  • La conciliation des dispositifs sanitaires avec la réouverture des écoles et la vie des enfants

Robert Cohen : "Les règles deviennent tellement dures qu'elles gênent une reprise progressive des liens sociaux, les règles sanitaires il faut les rendre conciliables avec les besoins des élèves même si bien sur il ne faut pas négliger les gestes barrières. Il faut revenir progressivement à une vie normale". 

On fait payer aux enfants des craintes de société qui peuvent avoir des empreintes considérables sur leur vie sur le long terme

  • Dans le cas où on est une personne symptomatique, combien de temps on le reste ? 

Baptiste Beaulieu : "La durée du portage varie entre 6 et 14 jours à partir du début des symptômes en moyenne, même si les études varient sur le sujet".

  • Est-ce risquer d'aller chez des amis qui ont eu la maladie ? 

Baptiste Beaulieu : "Aller voir des amis, c'est se retrouver nombreux autour de la même table, c'est augmenter le risque de transmission du virus (en rappelant que les réunions de 10 personnes sont interdites). 

Le conseil série TV

Avec Xavier Leherpeur qui évoque la série de Damien Chazelle "The Eddy" sur Netflix.

Le temps de regarder la TV

Redwane Telha de l'émission "L’Instant M" prend le temps de regarder la télé. Au programme : un film de Spike Lee, sorti en 1989, "Do the right thing" sur Arte. 

Un film complexe, puissant, qui a énormément compté pour la communauté afro-américaine

"Avec ce film, Spike Lee a conscientisé toute une génération de jeunes noirs avec les codes culturels de l'époque [...]

Le hip-hop - qui émergeait à l'époque - est partout dans "Do The Right Thing". On entend "Fight The Power" de Public Ennemy à chaque coin de rue [...] 

Spike Lee a pensé ce film comme un cri révolutionnaire pour faire changer les choses. 30 ans après, rien n'a changé. Une œuvre intemporelle".

Le temps de réfléchir

Avec Martin Legros rédacteur en chef de "Philosophie Magazine" dresse un petit bilan philosophique du confinement notamment les enseignements de Socrate dans "La République, ou encore ceux de René Descartes qui nous invitent à saisir l'occasion de nous arracher de la caverne de la vie quotidienne en société pour mieux essayer de se comprendre soi-même, et gouter au plaisir de soi-même. Hannah Arendt proposait, elle une réinvention par l'action, sur soi-même, qui aurait l'effet d'une seconde naissance. 

Les humoristes de France Inter

La chronique de Sophia Aram

Votre premier jour de déconfinement au 01 45 24 700 et l’appli France Inter

Et aussi le répondeur #Maviedeconfiné-e 01 56 40 68 68

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