Combien de rues, près de chez vous, portent le nom d’une femme ? Combien de femmes à la terrasse du café au coin de la rue ? Les hommes et les femmes ont-ils le même rapport à la ville et aux espaces publics ? Tour de la question de l'espace citadin par le biais de la question de l'égalité homme-femme.

L'egalité homme femme dans la ville.
L'egalité homme femme dans la ville. © Getty / EschCollection

Dans son beau texte intitulé l’infraordinaire l’écrivain Georges Perec nous propose d’ « interroger l’habituel ». D’interroger ce que nous vivons tous les jours et qui ne nous interrogent plus, tellement donc nous y sommes habitués…Or quoi de plus habituel que la ville dans laquelle nous vivons, que les trottoirs que nous empruntons tous les jours, cet arrêt de bus un peu mal foutu, ces bancs, ces toilettes publiques, ce pont sous lequel il faut passer pour rentrer, ce tramway dans lequel il faut se serrer… 

La ville c’est un ensemble de bâtiments dans un espace, mais pas seulement

C’est un ensemble de pratiques, d’usages, de comportements ou de fonctions et quand on l’interroge, que l’on creuse un peu, que l’on prend le temps, la ville n’a pas le même visage pour les hommes et pour les femmes. 

  • Combien de rues, près de chez vous, portent le nom d’une femme ? 
  • Combien de femmes à la terrasse du café au coin de la rue ? 
  • Combien de femmes sur le terrain de basket du quartier ou dans le stade de foot de la ville ? 
  • Bref, les hommes et les femmes ont-ils le même rapport à la ville et aux espaces publics ? 
  • Comment transformer nos villes pour qu’elles soient plus paritaires ? 

Sondages 

En 2018, l'IFOP révèle que 86 % des femmes déclarent avoir été victimes de harcèlement de rue ; 74 % d'entre elles déclarent avoir subi une forme d'agression sexuelle dans un transport en commun et tend à conduire à un effet d'auto-limitation ; Et d'après l'Observatoire national de la délinquance, 26 % des femmes renoncent à sortir seules de chez elles, contre seulement 6 % des hommes. 

Comment vivez-vous ce rapport à la ville ? Les espaces publics vous paraissent-ils plus adaptés aux hommes qu’aux femmes ? vous pouvez nous appelez pour en parler au 01 45 24 7000 ou nous envoyer des messages sur l’appli France Inter ou la page Facebook de l’émission ! 

Avec 

  • Anne-Sophie Kehr, architecte, maître de conférences à l'ENSAS (École nationale supérieure d'architecture de Strasbourg), et présidente du Réseau des maisons de l'architecture 
  • Dominique Poggi, sociologue urbaine et fondatrice de À places Égales
  • Chris Blache, consultante en socio-ethnographie, cofondatrice et Coordinatrice de Genre et Ville
  • Edith Maruéjouls, géographe du genre, créatrice du bureau d’études L’ARObE (Atelier Recherche OBservatoire Égalité) 

Extraits de l'émission

Un impensé qui continue à nourrir des différences sur le sentiment d'insécurité en ville

C'est une constatation qu'on fait assez couramment. Les garçons se trouvent au milieu, dans le plus grand espace, et les filles sont autour.

Dominique Poggi : 

Les inégalités dans les usages de la ville sont invisibilisées.

1 femme sur 5 avait subi des violences dans les espaces publics en 2000, c'était 1 femme sur 4 en 2015 alors que seuls 14 % des hommes ont subi des violences, d'après l'enquête Virage.

La ville est sexiste, pensée par et pour l'homme

Anne-Sophie Kehr : "il faut partir de la genèse de la Ville qui a été faite, pensée par et pour les hommes. L'espace public, c'est là où se fait la vie politique. Et nous, les femmes, nous n'avons pas été pensées comme partie prenante de l'espace public, l'espace des hommes". 

La ville est sectaire, elle manque de mixité.

Sur les 30 000 architectes de France qui portent le titre, qui participent à la construction de nos villes seulement 29 % sont des femmes et seulement 8 % sont cheffes d'agence et ont vraiment le pouvoir de décider". 

Pour repenser et réparer la ville, il faut que la parité soit aux postes de décisionnaires : il faut donner les clés de la ville aux femmes

Rééduquer la ville par l'éducation scolaire

Anne-Sophie Kehr : "Les cours d'école sont les premiers lieux de sexisme, de cette non-parité du territoire. C'est dans la petite enfance que l'on peut ouvrir les esprits, la conscience de ce qu'est le droit à la ville pour tous, elle n'est plus seulement l'espace de jeu pour les garçons, il faut aussi réfléchir à comment intégrer le jeu des filles". 

Il faut apprendre à jouer ensemble.

La suite à écouter…

Chronique Pas son genre Giulia Foïs

Demain, le philosophe Francis Wolff viendra nous parler de son dernier livre Plaidoyer pour l’universel. On essaiera de comprendre justement ce qu’il nous reste d’universel pour pouvoir continuer de vivre ensemble ? On attend d’ores et déjà vos idées ou vos questions sur l’appli France Inter ou la page Facebook de l’émission

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