Lire de la poésie chez soi, dans un jardin, ou dans un café. Ecrire quelques haïkus ou des alexandrins pour révéler le scintillement du monde sensible qui nous entoure sans que nous sachions toujours le voir. Trop souvent captés par les voleurs d’attention que sont les outils numériques. Un peu d'air avec de la poésie.

Lire de la poésie en ces temps pertubés
Lire de la poésie en ces temps pertubés © Getty / Maica

Vous avez peut-être vécu une semaine difficile, avec une grève des transports qui allonge considérablement les temps de trajets. Ces embouteillages monstrueux qui mettent les nerfs à vifs… des bus, des trams, des métros bondés, avec pour corollaires, la promiscuité, les bousculades, la sensation d’étouffer… C’est pour cela que je vous propose une halte, un répit, pour se ressourcer…

Pourquoi ne pas se réciter des vers en marchant, en faisant du vélo ? 

Qu'est-ce que la poésie et quels bienfaits porte-t-elle ?

Pour Jean-Joseph Julaud, la poésie a plusieurs effets. Elle nous renvoie tout d'abord aux premières années de notre existence. En effet, l'enfant qui, au départ, ne sait pas parler, vit dans la magie des mots lorsque ceux-ci commencent à avoir du sens. 

Ainsi, lire de la poésie nous replonge dans la magie des mots. 

Pascale Senk, quant à elle, précise que "poésie" signifie "création". Pour elle, la poésie, c'est être capable de s'approprier le réel et d'en livrer sa propre interprétation. 

La première vertu de la poésie est de nous permettre d'être en contact avec ce qu'il y a de plus sensible en nous, et aussi de plus caché. C'est une porte vers l'inconscient. "Pas besoin qu'elle ait un sens d'ailleurs", souligne Christilla Pellé Douël. 

Elle nous permet d'élargir notre perception, d'agrandir notre sensibilité et d'avoir accès à des images qui entraînent une émotion importante. 

"La littérature : un coup de hache dans la mer gelée qui est en nous" écrivait Kafka. Les auteurs nous aident à atteindre ce qu'il y a de plus vrai en nous. C'est d'autant plus vrai pour les enfants qui sont des poètes géniaux. S'ils ne maîtrisent pas encore totalement la langue, ils n'ont pas de censure.  Et ils mettent ainsi des sens qui n'existent pas sur certains mots et jouent avec les sonorités. Ce qui est primordial en poésie. 

L'observation du réel dans les haïkus

Le poète se fait méditant. Pratiquer les haïkus vous ouvre à l'observation du réel et de ces situations insensées. Une pratique de l'inconscience qui permet à la fois, et paradoxalement, de se ré-ancrer dans le réel pour mieux s'en échapper, nous dit Christilla Pellé Douël.

Je croise un arbre jaune qui, la veille, était vert.

La pratique des haïkus n'a cependant rien à voir avec la poésie occidentale. 

La suite à écouter...

A l'antenne

Ali Rebeihi reçoit pour en parler :

  • Jean-Joseph Julaud, écrivain, La petite anthologie de la poésie française ed.first
  • Pascale Senk, journaliste, Mon année Haïku et L’effet Haïku ed.Points
  • Christilla Pellé Douël, Psychologie magazine
  • Guillemette Odicino, l’esprit d’escalier

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