On s’intéresse à la santé mentale des jeunes au temps du Covid19 aujourd’hui. Comment faire face à cette période ? Comment concilier jeunesse et couvre-feu ? Comment distinguer la crise d’ado d’un malaise beaucoup plus profond ? Comment continuer à avancer aussi ?

Comment vont les jeunes aujourd'hui ?
Comment vont les jeunes aujourd'hui ? © Getty / kundoy

Si les craintes existent, les raisons d’espérer sont elles aussi bien réelles. Cette jeunesse résiste, en inventant des nouvelles formes de solidarités, toujours plus nombreuses, en recomposant une vie sociale, différente certes mais bel et bien là. Fragilisée peut-être mais surtout résiliente. "C'est dur d'avoir 20 ans en 2020" disait Emmanuel Macron. C'est dur aussi en 2021.

Comment soulager, comment réparer, comment tout simplement écouter ? 

Sur le plateau de Thomas Chauvineau pour en parler :

  • Marie-Rose Moro, pédopsychiatre, professeure des universités à Paris et psychanalyste. Elle dirige la Maison des adolescents - Maison de Solenn, de l'hôpital Cochin, et a notamment publié Phobie scolaire (Vigot, 2020). Plus récemment, elle est l'auteure de Face aux abus sexuels : la parole aux enfants (Bayard, 2021). 
  • Bruno Humbeeck, psychopédagogue et directeur de recherches au sein du service des Sciences de la famille de l'université de Mons (Belgique), il est docteur en Sciences de l'éducation de l'université de Rouen et notamment auteur de Les leçons de la pandémie. Réinventer l'école (2020).
  • Benjamin Flohic, directeur général de Co'p1, association de Solidarités Etudiantes à Paris dont l'objectif est de lutter contre la précarité étudiante. Une association créée en septembre 2000 et les distributions alimentaires en octobre. C'est à la suite du premier confinement, avec un groupe d'amis que l'initiative s'est faite. Des amis qui, du jour au lendemain, se sont retrouvés dans une situation de grande précarité. L'association compte actuellement 250 bénévoles, tous étudiants. 
  • Ange William, étudiant en droit à l'Université de Lyon
  • Nathan Muckensturm, diplômé depuis un an en mécanique et design industriel

Une souffrance d'abord psychologique

Bruno Humbeeck : 

Le principal symptôme, c'est un engourdissement psychologique.

"Les affects sont engourdis, un climat d'apathie affective d'où une absence d'événements, une incapacité de raconter une histoire à propos de soi-même". 

2,5 millions d'étudiants à peu près en France, 12 millions de jeunes de 15 à 29 ans sont concernés

Marie-Rose Moro : "Avant le covid-19, ces maux existaient déjà. La crise sanitaire les a aggravés. Ce sont des enfants et des adolescents qui souffrent sur le plan psychologique. Il y a plein de manières de traduire cette souffrance. La plus grave c'est lorsqu'on perd l'envie de vivre. Un sentiment qui a augmenté. La peur de ne pas avoir sa place dans le monde, de ne pas imaginer l'avenir, c'est une tragédie.

La phobie scolaire, les crises familiales, ont beaucoup augmenté depuis la crise sanitaire. Les situations de violence psychologique sont nombreuses. On n'arrive plus à se parler comme avant ; on note les troubles du comportement alimentaire, les violences sexuelles… Une augmentation liée aux conditions de vie actuelles et qui fait que notre société s'est arrêtée. 

La pandémie vient surtout arrêter le mouvement de développement, d'autonomisation des jeunes. Ils rêvent beaucoup moins et deviennent plus pragmatiques 

Une génération bien plus résiliente et inventive

Marie-Rose Moro :

Même s'ils résistent beaucoup, cette génération va être une génération extraordinaire

Benjamin Flohic : "La 'génération sacrifiée' est une idée reçue selon laquelle les étudiants et les jeunes d'aujourd'hui seraient bien plus facilement atteignables que les autres. Certes, on vit des conditions d'études et de vie bien plus compliquées que les autres mais ce n'est pas pour autant qu'on est plus facilement atteignables que les générations précédentes".

Marie-Rose Moro : "Cette génération doit faire face à quelque chose que nous n'avions pas anticipé. C'est là où ils doivent inventer les formes de solidarité et de fraternité, d'engagement

Les jeunes nous ont appris ce qu'était vraiment l'engagement. En difficulté, certes, mais ils sont capables de s'engager malgré tout

Les jeunes inventent une manière d'exister autrement 

Bruno Humbeeck : "Il y a une adhésion de la jeunesse aux différentes modalités d'être ensemble, une recherche d'avenir, une quête de liens, une quête de sens évidentes. La résilience n'est pas la résistance. La résilience suppose de se réinventer et ça se produit par cette quête de lien nouveau qu'ils inventent". 

Nathan, tout jeune CDD dans le domaine de l'alimentaire, diplômé en ingénierie mécanique, témoigne : "Il faut se concentrer sur l'essentiel : la famille, les amis, les proches et se débarrasser du superflu"

Marie-Rose Moro : "Ils ont réinventé leur relation à la vie en général, avec un sens à leur engagement professionnel peut-être encore plus fort qu'avant. Ils donnent un sens nouveau à la société en restant fraternels et généreux pour réinventer le collectif".

▶︎ La suite de l'émission à écouter…

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