Nous vous aidons à débusquer ces faux aliments qui peuvent nous rendre malade ou qui, du moins, n’apportent rien de bon à notre organisme et à notre porte-monnaie. Coup de projecteur sur cette nourriture trafiquée, illégale, contrefaite qui s’écoule dans nos supermarchés, nos restaurants et sur Internet.

Ces fraudes alimentaires qui nous font du mal
Ces fraudes alimentaires qui nous font du mal © Getty / 97

Vous verrez, par exemple, comment du thon avarié peut nous être servi ; pourquoi certains miels ne sont pas fabriqués par nos précieuses abeilles ou pourquoi il vous est peut-être récemment arrivé de manger de la viande de cheval impropre à la consommation, sans vous en apercevoir.

Bref, comment les autorités peuvent-elles lutter contre ces dérives et ces fraudes ? 

C'est quoi un "faux aliment" ?

Ingrid Kragl : "Les faux aliments, ça englobe différents types d'aliments qui finissent dans nos placards, dans nos assiettes et qui ne devraient jamais y finir. Ça peut être, par exemple, des aliments contrefaits. Il faut savoir qu'il y a des imitations d'aliments comme il y a des fausses Rolex ou des fausses cigarettes. Il y a des faux aliments. Par la magie de l'étiquette, un aliment qui n'est pas ce qu'il prétend, le devient.

  • Des aliments contaminés à la listeria, à la salmonelle et que les opérateurs décident, par exemple dans des grands lots de viande, de mélanger avec d'autres viandes et de remettre dans la chaîne alimentaire. 
  • Ça peut être des aliments adultérés. On connaît le cas emblématique du miel avec toutes sortes de substances : fructose, glucose, etc. Sauf, évidemment, des produits de la ruche. 
  • Ça peut être des substances illégales, par exemple des faux pesticides. 
  • Ça peut être des fausses indications géographiques protégées

Voilà, c'est tout ça, les faux aliments" 

La fraude ne concerne pas uniquement les produits ultra transformés

"La plus grande fraude alimentaire que tout le monde connaît, c'est la viande de cheval. On se souvient qu'on avait pointé du doigt notamment les lasagnes, etc. Donc on s'est dit : 'ce sont les gens qui mangent ultra transformé qui sont victimes alimentaires'. Pas du tout. Mon enquête montre que des denrées brutes, des fruits, des légumes, du poisson, de la viande, de l'huile d'olive, du miel sont très, très concernés par la fraude.

Plus c'est cher et plus potentiellement, les fraudeurs sont intéressés par mettre ces faux aliments sur le marché.

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De la ferme à la fourchette

"Nous, on n'est pas au courant de ces problèmes, mais l'industrie le sait, la grande distribution le sait, les politiques aussi. Et puis là, tout récemment, la Commission européenne a mis tout en haut de ses objectifs, De la ferme à la fourchette, la grande stratégie de lutte contre la fraude alimentaire. Donc, c'est une obligation pour les Etats membres de retrousser ses manches et de s'en occuper. 

Parce que la fraude alimentaire, dans le meilleur des cas, c'est une tricherie sur une étiquette et ça passera. Mais dans le pire des cas, ça peut poser des problèmes pour la santé quand on parle de pesticides, quand on parle d'aliment contaminé, etc. Il m'a semblé important et urgent d'alerter sur cette problématique."

Nos invités pour en parler 

Pétition #DuFauxPourDeVrai : plus de transparence sur les fraudes alimentaires !

  • Irène Margaritis, professeur de physiologie - Chef de l'Unité d'évaluation des risques liés à la nutrition à l'Anses, Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail.
  • Anthony Fardet, chargé de recherche - Unité de Nutrition humaine à l'Université de Clermont-Auvergne et directeur de recherche à l'Inrae. Auteur de Halte aux aliments ultra transformés, mangeons vrai (éditions Thierry Souccar en 2017).
Les invités
  • Ingrid KraglDirectrice de l'information chez Foodwatch
  • Irène MargaritisChef de l'évaluation sur la nutrition et les risques nutritionnels à l’ANSES
  • Anthony Fardetdocteur ès sciences, chargé de recherche en alimentation préventive et holistique
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