L'astrophysicien vient nous livrer sa vision plutôt optimiste ce qu'il pense de ce monde d'après la Covid-19 et d'après le confinement. Mais aussi deux recettes simples, mais très savoureuses, et les nouveaux mots arrivés avec le coronavirus.

Hubert Reeves en 2013 à Nantes
Hubert Reeves en 2013 à Nantes © Getty / Alain DENANTES/Gamma-Rapho

La personnalité du jour, son regard sur Le monde d'après 

Extraits de l'émission. 

Hubert Reeves : "Après 1945, les droits des femmes ont progressé. On peut imaginer que là aussi des droits émergeront. 

"Je prône un réveil vert pour que la terre reste habitable."

"Il faudrait changer le fait qu’on fasse passer les actionnaires avant la santé."

"Avec ce confinement, les valeurs ont touché du doigt les valeurs humaines de plaisir. C'est peut-être une chance de s’améliorer."

"Si on ne vous donne pas espoir vous n’êtes pas dynamiques. Or il y a des bonnes nouvelles : les baleines à bosse ont été retirées de la liste des animaux en voie d’extinctions, les castors sont de retour, et des Instituts ont retiré leurs fonds, qui allaient à des entreprise pétrolières, des banques."

ALLER PLUS LOIN 

Comment naissent les nouveaux mots ?

Extraits de l'émission.  

"Les mots naissent de façon mystérieuse. Le langage est né probablement de cris. Puis ensuite, il y a des constructions."

"On aurait pu remplacer "cluster" par foyer"

"Divulgacher" VS "spoiler" : on ne peut tenter d'influencer la propagation d'un mot, mais on ne peut pas aller contre un usage massif."

"On parle mal à propos de distanciation sociale, il s'agit dans cette crise de distanciation physique dont on parle."

"Quatorzaine" VS "quarantaine" : ce mot quatorzaine existe depuis le XIXe siècle. Et est approprié."

Avec : 

  • Jean Pruvost, professeur de lexicologie
  • Laelia Véron, linguiste, enseignante chercheuse

Le temps de cuisiner : cannelloni à la ricotta et épinard et pommes aux four à la vanille

Avec Grégory Cohen. 

Chronique choses presque vues : Fenêtre sur cour par Eric Libiot

"Cette rubrique n’a jamais aussi bien porté son nom que depuis le confinement… Les choses presque vues. Car vous ne le savez sans doute pas Daniel mais j’habite au treizième étage d’un immeuble et j’ai vue sur tous les appartements qui me font face. Pendant le confinement, ma fenêtre est rapidement devenue une fenêtre sur le monde comme disait Jean Renoir à propos du cinéma et je me suis pris pour James Stewart dans "Fenêtre sur cour", photographe qui observe ses voisins avec des jumelles. D’accord c’est du voyeurisme. Mais nous le sommes tous plus ou moins. Et après tout puisque Alfred Hitchcock le réalisateur et James Stewart ont été applaudis par tous les cinéphiles du monde et pas seulement à 20 heures, je me suis senti moins coupable.

Daniel vous parlez de tous ces mots inventés eh bien moi j’ai vu des scènes à peine inventées. 

J’ai vu des gymnastes prendre leur pied.

J’ai vu repeindre des plafonds, déplacer des canapés, planter des clous, j’ai vu des gens poncer très fort au monde de demain, j’ai vu des vis et des vertus. 

J’ai vu des orgies de chips, des partouzes de cacahuètes ; j’ai vu des buveurs de bière, aujourd’hui et demain, des buveurs de vin sans avenir ; des apéros pour l’écran et pour les petits. 

J’ai vu des maitres chanteurs, des cantatrices de moins en moins chauves, j’ai vu des sopranos au balcon et d’autres à la télé, j’ai vu des ténors complètement à l’ouest, des barytons sur ton. 

J’ai vu des joueurs de triangle tourner en rond, des joueurs de tuba prendre l’eau et des musiciens sans tambour ni trompette. 

J’ai vu des coupes de cheveux mal frangées, et des calvities pour des lanternes, j’ai vu des mises en plis totalement froissées.

J’ai vu des gens lire avec bonheur et d’autres lire en colère.

J’ai vu des lecteurs à la bonne heure et d’autres à la page, j’ai vu des illusions perdues et du temps retrouvé, des mots bleus et des mots blues, des romans à l’eau de rose et des livres par kilos. 

J’ai vu des parents faire l’école et des enfants poser des colles, j’ai vu d’autres parents conjuguer cours de math et cours de bourse et des élèves multiplier les chiffres et les bêtises. 

J’ai vu un couple danser dans ses petits souliers, j’ai vu des rocks à bout de souffle se finir en bouche à bouche, j’ai vu des slows langoureux et des slows langues heureuses. 

J’ai vu des voisins faire la moue dans diverses positions et d’autres s’étreindre sans lumière. 

J’ai vu des prises de bec, des prises de judo et des prises électriques, j’ai surtout vu des prises de poids. 

J’ai vu des pains faire campagne et des chefs menés à la baguette. 

J’ai maté des cuisiniers amateurs et j’ai vu des casseroles brûler mais des crèmes aussi, j’ai vu des pâtes épatantes, de l’œuf au riz réjouissant, j’ai vu des soupes au lait, du poisson sans arrêt et du bœuf avoir la côte, j’ai vu des fanes de radis dans la cuisine et des fans de séries dans le salon. 

J’ai vu des télés allumées toute la journée, des films défiler et des filets filmés, j’ai vu du télétravail et des chefs qui télécommandent, j’ai vu des jeux en tout genre, des puzzles éparpillés façon puzzle, des belotes version bretonne, à l’armoricaine, des dix de derrière les fagots, des ni oui ni Uno, des parties de cartes routières, j’ai vu des mots se croiser à 1 mètre de distance. 

Voilà Daniel, comment j’ai vu ma vie confinée mode d’emploi."

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