Tendance à la fois sociétale et de consommation. Pour certains, c’est juste un toit-terrasse, une buanderie, une salle de jeu pour les gosses. D’autres ajoutent une bibliothèque, une salle à manger, un salon à co-gérer… Réalité à géométrie variable, l’habitat participatif séduit.

De la laverie au jardin : on partage tout ?
De la laverie au jardin : on partage tout ? © Getty / Hero Images

On veut réduire les coûts, on veut du lien social, alors on mutualise : l’immeuble ou le quartier, le bureau ou la voiture. 

Comme une réponse aux temps plus durs, à la crise économique, à la menace écologique, peu à peu, on s’organise, on pense ensemble, on gère ensemble. En un mot, on partage. 

Tendance à la fois sociétale et de consommation, elle n’est pas si nouvelle que ça. Mais elle trouve en ce moment un nouvel essor.

Pourquoi ? Comment ? À la faveur de quoi ? Jusqu’où ? Et qu’est-ce que cela veut dire de nous ? 

Vous pouvez nous appeler, au 01 45 24 7000, nous écrire, sur l’appli France Inter ou sur notre page Facebook… Vous le savez, cette émission se fait avec vous !

À l'antenne

Pour en parler, Giulia Foïs reçoit : 

Extraits de l'émission

l'habitat participatif, c'est :

  • 5% des logements en Suisse
  • deux millions de logements en Allemagne
  • encore assez marginal en France mais en développement dans les grandes villes

Bilan de Sophie sur son expériences d'habitat partagé : "On n'est pas du tout des Bisounours, il y a parfois quelques tensions. Tout prend du temps parce qu'on prend toutes les décisions en commun. Il faut être patient, savoir l'art du compromis... Par contre, ça a changé ma vie : je ne me sens plus jamais seule. Je suis chez moi, mais je sais que j'ai des voisins... Parfois je mets un quart d'heure pour aller de mon premier étage à mon vélo parce que je discute avec les voisins... Moi, ça a vraiment changé ma vie d'avoir ce lien et de savoir que je peux compter sur quelqu'un."

L'architecte Thomas Huguen : "La pression immobilière dans les grandes villes fait que, malheureusement, on a besoin de compacter les logements. On reconnaît maintenant communément que le logement médian, le trois pièces, a perdu 10 m² en dix ans. On a une perte de quantité d'usage - mais aussi de qualité, parce que tous ces espaces qui sont peu valorisables, qui sont les espaces du vivre ensemble, de rencontre du voisin, sont malheureusement  sacrifiés pour maintenir des logements abordables à tout le monde".

Quel est le rôle des jardins partagés ? Selon la sociologue Léa Mestdagh, il est triple : 

  1. un rôle environnemental, "assez peu souligné par les pouvoirs publics, alors que véritablement, en termes de traîne verte, de circulation des espèces ; de lieu de respiration sans pesticides, c'est vraiment important - notamment à Paris. 
  2. une vraie fonction de lien social : ce sont des lieux où il y a beaucoup d'interactions entre les gens, qui créent de réelles amitiés qui vont se poursuivre en dehors des jardins.
  3. "une question qui est moins positive, d'un point de vue de justice sociale : j'ai observé en Île-de-France que ce sont quand même des espaces qui sont très homogènes socialement et qui posent des questions en terme d'accessibilité à des formes d'espace public ou de 'jouissance du végétal'"

Thomas Huguen : avoir des logements et un environnement de voisinage qui soit proche de leurs valeurs et qui, souvent, se traduit par une déception devant ce qui est disponible (trop cher, inadapté, trop individualiste...)

Côté histoire... Concernant les jardins, c'est Léa  Mestdagh qui répond : "les premiers jardins partagés sur le modèle qu'on connaît aujourd'hui, c'était aux USA dans les 1970'. Si on remonte plus loin, il y a le phénomène du jardin ouvrier, aujourd'hui "jardin familial", qui remonte lui au XIXe siècle avec une volonté de produire et des parcelles familiales. Mais jardins partagés et ouvriers sont vraiment deux modèles différents : pas la même taille, pas le même coût d'adhésion, pas la même localisation (en cœur ou en périphérie des villes)

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