À quoi sert l'attachement ? Comment naît-t-il ? qu'est-ce qu'un attachement sécurisant ? Le processus d’attachement est-il le même quand on est un garçon ou une fille ? Quelles sont les répercussions dans la vie d’adulte ? Retour sur un processus qui conditionne nos relations sociales.

Qu'est-ce qu'un bon attachement ?
Qu'est-ce qu'un bon attachement ? © Getty / Catherine Delahaye

Souvenez-vous de vos premières minutes sur cette Terre, de ces premières goulées d’oxygène, de ce premier regard avec vos parents…

Souvenez-vous de ce besoin inné de vous attacher à une figure adulte sécurisante…

Cet attachement essentiel qui imprégnera vos relations amicales, amoureuses, professionnelles, familiales, sociales… 

Le théoricien de l’attachement John Bowlby nous dit que l’« on peut définir l’attachement comme une stratégie utilisée par un enfant pour obtenir confort et sécurité ».

  • Mais comment naît un attachement sécurisant ?
  • Le processus d’attachement est-il le même quand on est un garçon ou une fille ?
  • Pourquoi l’attachement peut-il devenir insécurisant ?
  • Quelles sont les répercussions dans la vie d’adulte ?
  • Quels sont les principaux troubles de l’attachement ?
  • Et comment y remédier ?

N’hésitez pas à poser toutes vos questions, à témoigner sur l’application France Inter, sur la page Facebook de GBVF et au standard : 01 45 24 7000.

Avec 

  • Blaise Pierrehumbert, psychologue, spécialiste de la théorie de l'attachement, auteur de L’attachement en questions (Odile Jacob)
  • Bruno Humbeeck, psychopédagogue, auteur de De blanche Neige à Harry Potter (Ed. Mols)

► Choses vues Christophe André

Extraits de l'émission

La théorie de l'attachement depuis John Bowlby, 1940

Blaise Pierrehumbert : "Une théorie qui consiste à penser que quand l'enfant a reçu suffisamment de sécurité, il va pouvoir mieux s'ouvrir vers le monde extérieur". 

Depuis l'enfance, l'attachement est un lien essentiel de construction sociale 

Blaise Pierrehumbert : "Cette sorte de code dans le cerveau du très jeune enfant va s'inscrire tellement profondément que cela va rester tout au long de la vie. Dans le cadre, peut-être, de la relation de couple". 

Ce besoin de sécurité va permettre aussi de régler ses émotions au gré de sa propre évolution

Bruno Humbeeck : "L'attachement est un lien vital qui s'aménage tout au long de la vie et qui va permettre de mettre des mots sur les représentations mentales. On va créer, par exemple, des histoires d'amour qui sont en réalité l'histoire d'attachements et de détachements successifs". 

Christophe André : "C'est un terme trompeur 'l'attachement'. Il fait tout de suite penser à une forme d'emprisonnement, alors qu'en réalité, il décrit, dans le monde de la psychologie, un lien dynamique entre deux êtres vivants. Ce lien va satisfaire des besoins fondamentaux, de sécurité mais aussi les besoins de liberté. 

Sans attachement réussi, on n'est pas capable d'explorer le monde extérieur. Tous les travaux sur l'enfant montrent que ces questions d'attachement pèsent lourd sur la curiosité et la confiance de l'enfant envers le monde extérieur

Le genre détermine-t-il le schéma d'attachement ?

Bruno Humbeeck : "Tout le monde, fille ou garçon, est en mesure de réaménager ses schémas d'attachement. Culturellement, on a parfois amené les filles, notamment, à s'imaginer qu'elles devaient être beaucoup plus dépendantes. Elles ont comme admis culturellement des liens d'attachement qui sont parfois différents entre garçons et filles. Sur le plan naturel, il n'y a aucune raison biologique pour que l'attachement d'une fille à son parent ou à ses parents privilégiés soit différente que l'attachement d'un garçon. 

Ce sont les mêmes mécanismes qui se mettent en place et c'est la culture qui leur donne un à priori différent. Par exemple, une femme qui aurait l'impression d'être en permanence dépendante d'un homme va évidemment avoir le sentiment que son lien d'attachement pour elle est devenu quelque chose de vital. 

On croit encore énormément à l'impact culturel quant à la signification que l'on donne à nos schémas d'attachement

Tous les enfants ont-ils le même besoin d'attachement ? 

Blaise Pierrehumbert : "Certains enfants profitent d'un meilleur environnement par rapport à d'autres mais nombreux sont ceux qui vont aussi savoir être indifférents à l'influence de leur environnement quel qu'il soit quand d'autres y sont plus sensibles. Cela peut varier en fonction du tempérament". 

L’attachement forge-t-il notre personnalité (et vice versa) ?

Bruno Humbeeck : "Il y a tout un continum, une complexité, un aménagement continue entre les deux. Ce n'est pas seulement une question de personnalité, c'est aussi une question d'avoir la capacité à combler la carence pour apprendre à mieux évoluer. On va devoir apprendre patiemment à réaménager ses attaches et ses structures mentales. 

Un attachement n'est jamais comblé. Il dépend de notre liberté à pouvoir l'aménager à notre guise pour mieux favoriser notre épanouissement". 

Notre vie amoureuse est-elle forcément attachée à des figures d'attachement ?  

Bruno Humbeeck : "L'amour, c'est se réjouir de la présence de l'autre, c'est créer des émotions, les vivre, les partager. Ces attaches vont conditionner toute notre vision du monde et vont se cristalliser dans des sentiments. Mais une histoire d'amour n'est pas nécessairement liée à nos scénarios de l'attachement qui vont plus participer à l'histoire psychologique qu'on donne à la construction de nos liens". 

L'attachement n'est pas un concept poétique, l'amour oui : on a besoin de séparer l'un de l'autre quand on veut réfléchir à ce qu'on est en train de vivre

Comment combattre ses troubles de l'attachement ? 

Bruno Humbeeck : Ce qui est important, c'est d'essayer de mettre des mots dessus, apprendre à mieux connaître ses troubles.

Il faut réintroduire du temps en apprenant à gérer ses émotions, interroger ses comportements car on est toujours en mesure de se réaménager soi-même

Le reste à écouter…

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