Comment limiter l’impact des emballages, utiles et pratiques bien évidemment, mais qui étouffent nos poubelles, nos décharges, nos océans, notre flore planétaire… ? Cinq millions de tonnes en moyenne par an en France… Une méditation sur nos emballages, avec Philippe Garnier qui publie "Mélancolie du pot de yaourt".

Ces emballages qui nous envahissent
Ces emballages qui nous envahissent © Getty / Eleonora Galli

Je ne sais pas vous, mais cet été j’ai éprouvé de la colère contre les "sagouins" qui éparpillent sans culpabilité leurs déchets en forêt, au bord des routes, sur les plages, dans la rue…

Emballage de sandwich, canette de soda, masques jetables, mouchoirs en papier, paquet de gâteau, de cigarette, de bonbons, de barres chocolatées…

Des emballages abandonnés dans la nature ou dans la ville, vestiges du moment où ils étaient d’éclatants objets du désir sur les linéaires…

  • Comment limiter l’impact des emballages, utiles et pratiques bien évidemment, mais qui étouffent nos poubelles, nos décharges, nos océans, notre flore planétaire…  ? 5 milliards de tonnes en moyenne par an en France…
  • En tant que consommateur, comment agir au quotidien pour limiter leur impact ? Mieux consommer, recycler, donner une seconde vie aux objets, privilégier le vrac… 

Comment inciter les industriels à réduire de façon drastique le sur-emballage, utiliser le plus souvent possible des matériaux bio-dégradables, 

  • Comment faire pour que les multinationales tiennent leurs promesses quand elles prétendent limiter l’usage des matériaux plastiques ?

Plongée ce matin sur ces emballages jetés, revers de nos sociétés d’hyper-consommation…

N’hésitez pas à partager vos pistes de réflexions au 01 45 24 7000, sur l’appli France Inter et sur la page Facebook de GBVF.

avec

  • Philippe Garnier, journaliste, auteur de Mélancolie du pot de yaourt (ed.Premier parallèle)
  • Aline Gubri. spécialiste en Économie Circulaire, autrice de Zéro plastique Zéro toxique et du Guide de l'alimentation durable (ed. Thierry Souccar), qui tient le blog Consommonssainement.com
  • Benoit Berthelot journaliste au mensuel Capital, auteur de Le monde selon Amazon (ed.Le Cherche Midi)
  • Chronique Pas son genre Giulia Foïs

Extraits de l'émission

Pourquoi le plastique prend encore trop de place dans notre quotidien ? 

Philippe Garnier : "il existe toujours trois temps dans la vie de l'emballage : l'instant séduction de l'emballage ; puis il devient indésirable dans nos espaces domestiques et ensuite il est indestructible et nous survit dans cette durée indéfinie dans laquelle nous sommes empêtrés). Il y a un effet qui demeure chez nous au-delà de toutes les prévisions possibles, ce tête-à-tête hypnotique avec le plastique

Aline Gubri : "Même le recyclage du plastique n'est pas forcément la solution parfaite car tôt ou tard le plastique, à force d'être recyclé, finira en décharge ou en incinérateur car il finit par perdre en qualité. Ce n'est pas parce qu'un emballage est recyclable qu'on peut le consommer insatiablement sans que cela ait d'impact sur l'environnement. L'objectif ultime est la réduction du matériau en lui-même.

Une grande partie de nos déchets sont nos emballages plastiques. C'est 1/4 de nos ordures ménagères et 150 kilos d'emballage qu'on jette par Français et par an. 85% de ces emballes sont alimentaires donc c'est vers les courses alimentaires qu'il faut s'orienter pour réduire nos emballages avec des astuces très simples économiques et accessibles à tous". 

Benoit Berthelot : "Le e-commerce est aussi une nouvelle manière de consommer qui fait qu'on commande une variété infinie d'objets de toutes tailles, de toutes formes qu'il faut les emballer dans des cartons assez standardisés. Il y a des études qui montrent que tous ces cartons sont transportés par conteneurs, et contiennent beaucoup de vide : 43 % de vide dans ses cartons. Ils n'ont pas la bonne forme et ils n'ont pas la bonne taille. Ce qui induit donc évidemment du CO2 pour les transporter, qui n'est pas nécessaire. Ensuite, il faut combler le vide parfois à l'intérieur des cartons avec ces fameux coussins d'air eux aussi en plastique avec du papier dans les cartons. C'est effectivement des déperditions énormes de matériaux qui persistent encore".

Tout le packaging industriel joue là-dessus : tant que le client achète, il se rend complice. C'est un argument éternel

- Philippe Garnier

La suite à écouter…

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