Pourquoi lisez-vous ses polars ? Pour son écriture directe qui met les personnages humains au cœur de l'action ? Ou pour ses formidables tableaux sociaux ? Retour sur l'oeuvre pas si simpliste du grand romancier. Et le regard de Pascal Bruckner sur les nouveaux rituels qui vont naître de la crise sanitaire.

Pourquoi relire les polars de Georges Simenon ?
Pourquoi relire les polars de Georges Simenon ? © Getty / Gertrude Fehr/ullstein bild

Le plaisir de lire Simenon 

Créateur du Commissaire Maigret, Georges Simenon est aussi un peintre de l'humain à travers ses romans comme Les Fantômes du Chapelier, Les Inconnus dans la maison... Sa ligne directrice : comprendre et ne pas juger. 

Extraits de ce qu'il s'est dit dans l'émission : 

  • "Pour présenter Georges Simenon, il faudrait dire qu'il a le mieux décrit l'être humain du XIXe siècle et ses angoisses."
  • Si on aime ses livres, c'est parce que "C'est un grand plaisir de la lecture sans complication littéraire, en une phrase il saisit un caractère, une situation. Ce romancier nous parle directement. Ses personnages, c'est nous !"
  • Ce qui nous touche chez lui, c'est peut-être que "Son seul matériaux : c'est la nature humaine ! Les personnages sont les choses les plus importantes dans ses romans." "Sa vision si juste de la condition humaine lui vient de son premier métier de journaliste."
  • Un poncif ? "Georges Simenon serait un romancier pour hommes, or ce sont les femmes qui le lisent le plus. On dit aussi qu'il est lu par les plus âgés, mais c'est de moins en moins le cas."
  • On lui reproche parfois son style, mais "Ce n'est pas que sujet-verbe-complément. Ce n'est pas une écriture plate. C'est essentiellement l'usage du des sensations visuelles, et des sensations tactiles."
  • On peut le comparer à un autre écrivain français : "Georges Simenon, comme Guy de Maupassant, sont de fabuleux raconteurs d'histoires. Il y a à chaque fois dans leurs livres, le tableau d'une société, d'une époque, comme dans un reportage. Ils partagent la fluidité d'écriture." => LIRE | Déconfinement ou pas, si on (re)lisait Maupassant ? 
  • Pourquoi ses romans sont-ils intéressants ?  C'est parce qu'"Il y a toujours un passage de la ligne de la part de ses personnages." et aussi parce que "On peut beaucoup voyager grâce à lui"
  • Quel livre de Georges Simenon choisir ? Les invités ont conseillé : Le bourgmestre de Furnes, les Inconnus dans la maison, Le train, Lettre à mon juge, La Vérité sur Bébé Donge, Un nouveau dans la ville, La Chambre bleue, Maigret et les braves gens...

Avec : 

  • Jacques Santamaria 
  • Bernard Alavoine 
  • John Simenon : fils de Georges Simenon
  • Christine Ferniot 
  • Eric Libiot 

ALLER PLUS LOIN : 

Celle qui a tué, c’est la maîtresse de maison ; celui qui doit la confesser, c’est le commissaire Maigret... Maigret hésite, de Georges Simenon dans l'émission Cent Mille polars au soleil

Georges Simenon en Amérique dans La Marche de l'Histoire. En 1945, Simenon a quitté la France. C'est avec 48 livres supplémentaires que, dix ans plus tard, il franchit de nouveau l'Atlantique. Mais comme il ne travaille pas vraiment au présent et qu'il préfère la sédimentation, l'Europe est demeurée présente quand il écrit aux Etats-Unis et, plus tard, l'inverse sera vrai aussi.

Pendant quarante ans, comme vous, comme les autres, j’ai été un homme libre. Personne ne se doutait que je deviendrais un jour ce qu’on appelle un criminel. Autrement dit, je suis, en quelque sorte, un criminel d’occasion. Il y a tant de choses que j’ai comprises ; que vous savez que j’ai comprises ! Parce que, voyez-vous, j’ai un immense avantage sur vous, quoi que vous fassiez : moi, j’ai tué. »" Lettre à mon juge" de Georges Simenon lu par Guillaume Gallienne dans l'émission Ca ne peut pas faire de mal

Sur le film de Mathieu Amalric, La Chambre bleue, tiré de l'un de ses livres

La personnalité du jour, Le monde d'après : Pascal Bruckner

Extraits de ce qu'il a dit : 

  • "Je m’inquiète des nouveaux rapports entre les personnes qui devront veiller à garder leur distance."
  • "On va vers la "société du mètre et demi" : où la distance devient une catégorie de la santé. C'est une société qui a la phobie du toucher.  C'est la disparition de la bise, ce rituel français et du tactile."
  • "On ne pourra plus aller dans des lieux collectifs, comme les cafés pour partager le monde avec des inconnus."

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Le temps de cuisiner : tempura de légumes aux crevettes, et perles du Japon aux fraises

Avec : Grégory Cohen 

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