Le Burundi est un petit pays d'Afrique de l'Est dont on ne parle quasiment jamais. Ou alors tous les cinq ans à l'occasion de ses élections ratées. En 2015, comme la fois précédente, ses élections sont un échec annoncé. Son président Pierre Nguruziza a décidé d'imposer sa candidature pour un troisième mandat bien que la constitution lui interdise. Une opération préparée depuis des années. Dans les campagnes, ses milices de jeunes font le coup de poing et terrorisent tous ceux qui s'aventureraient à voter pour un autre parti que le sien. 50 000 Burundais ont fui pour l'étranger. Nous en avons rencontrés au Rwanda, ils dénoncent tous l'impossibilité d'exprimer une opinion différente au Burundi. Partout, les votes sont achetés à renfort de sacs de riz et de paires de tongs distribués à une population privée de tout. Pour décrocher un job, il faut être dans le parti. Les opposants vivent dans la clandestinité et craignent les escadrons de la mort du partit présidentiel. Dans la capitale, chaque jour les habitants des bidonvilles se battent à coups de pierres pour défendre la démocratie. La police, infiltrée par les milices du parti tire à balle réelle. Lynchages, assassinats, violences policières ponctuent quotidiennement un début de campagne électorale où certains voient déjà les prémices d'un affrontement ethnique entre Hutu et Tutsi. Les plaies du génocide burundais qui avait précédé en 1993 de quelques mois celui au Rwanda ne sont pas refermées. Le président Hutu Pierre Nkurunziza en joue à chacun des ses discours. Son passage en force plonge le Burundi au plus près du précipice et la région des Grands lacs dans l'instabilité.

Deux reporters, Charles Emptaz et Pierre Creisson , ont suivi la révolte des habitants du Burundi, écrasée par le pouvoir. Ils la racontent dans un reportage, "Burundi, ils ont tué la démocratie", diffusé sur Arte le samedi 30 mai à 18h30.

Contestation au Burundi
Contestation au Burundi © Reuters / Thomas Mukoya
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