Un CRS a été grièvement blesse au visage lundi 1er mai quand des casseurs ont envoyé des cocktails Molotov sur les policiers.

Un slogan qui est réapparu aux alentours de mai 68, mais qui existait bien avant
Un slogan qui est réapparu aux alentours de mai 68, mais qui existait bien avant © AFP / UPI

C'est une vieille histoire : l’Idée que les policiers seraient des cibles légitimes de la révolte, et singulièrement les CRS. Cela existe depuis toujours, depuis les créations des Compagnies républicaines de sécurité à la libération. Une force conçue pour le maintien de l’ordre et qui allait tout de suite connaitre le plus dur : une série de grèves quasi insurrectionnelles. En novembre 1948, un socialiste autoritaire, Jules Moch, ministre de l’intérieur, félicitait ses CRS qui avaient maté la grande grève des mineurs.

La violence à l’époque était terrible, la répression aussi.

Des grèves politiques, sur fond de guerre froide

Des grèves sociales ET politiques. poussées par les communistes et la CGT. La république croyait vaciller. Jules Moch avait épuré les CRS des policiers communistes, pour être sur de leur loyauté. Et dans ce camp là, on racontait autre chose. Ainsi, un film de la CGT à la gloire du mouvement racontait autre chose.

"Comme au temps des boches"

C’est comme ça qu’on en parle à l’époque, quatre ans après la libération : les CRDS, c’est l’armée boche. Et c’est à ce moment là que naît le slogan "CRS SS". Dans la France communiste, c’est un quart du pays à l’époque...

"CRS SS", un slogan qui a la vie dure

Il revient en mai 68, et c’est ça qui frappe les imaginations, quand des enfants assimilent les policiers du Général de Gaulle aux soldats nazis.

Et à l’époque, cela provoque la colère d’un professeur de Caen, le grand historien Pierre Chaunu, qui se souvenait, des années après, de son mai 68.

La réaction de Chaunu est typique, elle s’est imposée : on a pris le "CRS SS" comme la divagation de petits bourgeois révolté et irréels. La police, en mai 68 avait été extrêmement mesurée, justement. Et elle l’est encore très largement. Mais en fait non, c’est un slogan très sérieux, parce que ça venait de plus loin, des affrontements sociaux les plus durs qu’on ait connu. La détestation de ce corps de police s’est installée, dans des milieux ouvriers, syndicaux, militants.

Cela ne le justifie pas pour autant

Au contraire. Qu’il ait été inventé juste après la guerre, quand on savait, cela donne la mesure des haines politiques et sociales de cette époque, en 1948. Et c’est une des raisons de cette rupture entre la jeunesse, les militants... Rupture alimentée par d’autres manifestations, d’autres répressions. Et c’est quelque chose à laquelle les policiers ne se résignent pas. C’était déjà le cas, en 1971 de ce commandant de CRS, monsieur Dehorter, familier des débats télévisés.

Là où lui voyait des enseignants républicains, les gauchistes voyaient des ennemis. Aujourd’hui, des cibles pour les cocktails Molotov des enragés.

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