Le spationaute Thomas Pesquet est revenu sur terre après six mois dans l'espace. La France est sous le charme de ce trentenaire, vedette des réseaux sociaux.

Jean-Loup Chrétien
Jean-Loup Chrétien © AFP / AFP

Ce sont des sentiments qui sont comme des madeleines, ça ne s’oublie pas : il y a 35 ans, nous tombions déjà en amour pour un homme de l’espace, avec le frisson des premières fois. C’était le 23 juin 1982. Un français de 43 ans, breton, violoncelliste et ancien pilote d’essai, le colonel Jean-Loup Chrétien, s’envolait à bord d’une fusée soviétique Soyouz. Il allait passer une semaine dans la station orbitale Saliout. Il n’était pas avare de solennité au moment de prendre son envol.

Une fierte nationale

Mais pas sans mélange. Parce que notre spationaute volait avec l’Union soviétique, au moment où la guerre froide revenait. Le jour du décollage, le 24 juin 1982, Jacques Chirac, alors chef de l’opposition, et qui pensait que la gauche au pouvoir faisait n’importe quoi, disait tout le mal qu’il pensait de cette histoire face à Christine Ockrent.

Et Jean-Pierre Chevenèment, qui était ministre de la recherche et de l’industrie. n’était pas le plus anti-soviétique des socialistes français, lui avait répondu.

Il aurait pu rajouter que Jean-Loup Chrétien était allé dans l’espace parce que Valéry Giscard d’Estaing avait accepté une proposition des soviétiques 3 ans plus tôt.

L'espace était colonisé par la politique

Elle était là, la politique. Mais on rêvait aussi. Et le même Chevènement faisait de la science-fiction patriotique.

Elle est encore là avec Thomas Pesquet, qui redescend sur Terre pour dire du mal de Donald Trump. Mais là, il exprime un consensus. Jean-Loup Chrétien, lui, était un militaire (qui volerait aussi avec la Nasa et qui prendrait la nationalité américaine quelques années plus tard, comme quoi...)

Jean-Loup Chrétien a été une star, comme Pesquet aujourd'hui

Il y a une différence entre un ingénieur pilote d’avion au temps d’internet et d’Instagram, et un militaire des années 70. Mais Chrétien avait du charme, de la vie, il a fait le Paris-Dakar et a milité pour la réunification de la Bretagne. Il y avait une magie tendre, comme dans les romans d’anticipations qui devenaient vrais.

Quand il était dans les étoiles, France inter avait fait dialoguer Chrétien avec une jeune auditrice de la région toulousaine.

Et la gamine avait insisté ; dans cette insistance, on voit que nos rêves n’ont pas changé.

Mars, c’est aussi ce dont rêve Thomas Pesquet, qui veut également être Président de la république. Ça, Chrétien n’y a jamais songé !

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