Nicolas Hulot au gouvernement, c’est la reconnaissance définitive de l’écologie par le monde politique, et c’est l’aboutissement d’une vieille histoire.

Et le couronnement d’une histoire, puisque la France a été pionnière en matière écologiste. En tous cas dans le verbe, et on l’a oublié. En mars 1970, le président Pompidou était aux Etats-Unis, et à Chicago, il philosophait sur l’homme, cet apprenti-sorcier dépassé par ses inventions.

La question d’une terre habitable à l’homme se posait déjà

Et oui. Mais pas avec l’immédiateté actuelle, au moment du réchauffement climatique. On s’interrogeait philosophiquement. On est dans les Trente glorieuses, on n’imagine même pas qu’elles puissent finir. Et on est saisi par la pollution et le gigantisme. On va s’interroger sur la surpopulation, la limite à la croissance. Ce seront les travaux du Club de Rome.

Mais les inquiétudes sont presque irréelles : en juin 1970, le gouvernement français lance des mesures pour l’environnement. Et pour les présenter, le premier ministre Jacques Chaban-Delmas décrit une apocalypse. Presque inconcevable !

Chaban disait cette à conférence de presse qu’il aurait bien écrit un film de science fiction. Ça l’aurait amusé ; sa légèreté démentait la gravité de ses mots. On ne pensait pas que l’on disparaîtrait...

Mais la France avait quand même créé un nouveau ministère

Parce qu’on ne résiste pas au doute. Et le prédécesseur de Nicolas Hulot s’appelle Robert Poujade, secrétaire général du parti gaulliste. Il s’installe en 1971, en tant que ministre délégué. Et là, on n’est plus dans la prophétie, mais dans des balbutiements modestes d’un gardien de la nature.

Il n’imaginait pas une seconde contraindre la voiture, la reine de l’époque. Ce n’était pas envisagé une seconde. On n'allait pas dire du mal de la voiture quand on était ministre de Georges Pompidou. Lui qui adorait les belles voitures.

On ne renonce pas au progrès

Ah la Porsche de Pompidou, premier ministre. C’était le président de la bagnole et de la modernité. Et en même temps, il y avait un doute au fond de lui, et il était d’autant plus méritant : on n’allait pas changer nos habitudes, on ne renoncerait pas au progrès.

Aujourd’hui, on ne compare plus les bergeries aux usines. Mais on attend toujours l’international. On nous dit que l’économie sera plus forte en devenant verte.

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