François Hollande est revenu à Florange en Lorraine, pour dire qu'il avait tenu ses promesses ! Tout ceci renvoie à l'histoire de la sidérurgie et de la métallurgie.

Nous voilà de retour quarante ans en arrière, quand la sidérurgie française, en surcapacité, est décimée par un plan de restructuration en décembre 1978. Plus de 20 000 emplois supprimés en Lorraine et dans le Nord, sous la houlette du gouvernement de Raymond Barre et d'un commissaire européen, un noble belge : le vicomte d'Avignon.

Tout cela va créer un mouvement de lutte énorme, dans l'est et dans le nord. A Longwy, à Denain, une ville dépend totalement de la sidérurgie. Une bataille désespérée qui va briser la classe ouvrière. Parce qu'elle va perdre contre un gouvernement impopulaire.

(...)

Il y'avait une forme de détermination, qui contrastait avec le désarroi de ces villes qui allaient être dévastées socialement. A l'époque ce mouvement déborde dans la violence. D'après le journal télévisé à l'époque, ça choque l'opinion.

(...)

Il y'a du désespoir ouvrier et ce qu'on appelle à l'époque les "éléments incontrôlés", les casseurs, les autonomes, les black block. Il y a des affrontements très durs le 23 mars 1979 à Paris. Le maire de Paris de l'époque, Jacques Chirac, parle de néo-fascistes, et la CGT de Georges Seguy...

(...)

Evidemment les casseurs masquent le paysage social. Tout cela est très actuel, ce mouvement de 1979 est aussi celui d"une prise parole des ouvriers, contre les grands médias. Il y a par exemple une radio qui est créée par la CGT à Longwy, "Radio Lorraine coeur d'acier". qui est d'abord une radio de lutte, et qui devient autre chose : l'endroit où des femmes vont parler de leur vie, sexuelle notamment.

(...)

Aujourd'hui l'espérance de vie à Denain est de 58 ans. La maire de la ville a appelé au secours cette semaine. Mais on a surtout parlé de la visite du Président de la République à Florange.

L'équipe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.