L'attentat de Londres a rappelé aux britanniques le risque du djihad. Mais le terrorisme est une histoire que le Royaume-Uni connait trop bien.

Airey Neave, député britannique, (1916-1979).
Airey Neave, député britannique, (1916-1979). © Getty / Keystone

Un attentat au parlement Britannique, à Westminster, c’était déjà arrivé : en mars 1979, le député conservateur Airey Neave était mort dans l’explosion de sa voiture, qui avait été pigée dans le parking de la chambre des commue.

Neave était l’un des adjoints d’une femme que l'on n’appelait pas encore la "dame de fer" : Margaret Thatcher, leader de l’opposition, qui allait bientôt prendre le pouvoir. Et Neave suivait pour elle le dossier de l’Irlande du Nord, il en est mort.

La violence qu’amenait le conflit irlandais : une guerre de religion en Europe

Et cette guerre n’a cessé qu’à la fin des années 90. Elle ravageait l’Ulster, l’Irlande du Nord… Les milices protestantes et catholiques s’entretuaient, des milliers de soldats peinaient à maintenir un ordre colonial, et l’IRA, la branche terroriste du catholicisme ultra, avait exporté le conflit en Angleterre… On parlait de Londres, chez nous, comme d’une ville où les bombes sautaient. En 1974, le chanteur Claude François avait échappé à un attentat au Hilton de Londres.

La difficulté à combattre le terrorisme apparaissait déjà

C’était à la fois un terrorisme de proximité, mais aussi, un terrorisme idéologique et sophistiqué. Il y avait le sentiment d’une puissance de l’IRA, capable aussi de frapper au cœur du pouvoir. En 1979, quelques semaines après l’attentat au Parlement, c’était Lord Mountbatten, l’oncle de la Reine, qui mourait dans un attentat contre son bateau.

En 1984, l’IRA avait failli abattre Margaret Thatcher dans un attentat à Brighton, où se réunissait le parti conservateur. Mais deux députés avaient été tués

Comment préserver un état de droit et des libertés en période de terrorisme ?

L’Angleterre, à l’époque, est travaillée. En octobre et novembre 1974, des pubs sont visés dans une campagne de bombes, à Guilford et à Birmingham.

Après ces attentats, la législation est durcie, mais surtout, des hommes sont arrêtés, et condamnés… Six pour Birmingham, quatre pour Guilford. Des irlandais du nord sont condamnés alors qu’ils sont innocents… Ils ne seront libérés, après révision de leur procès, qu’en 1989 pour ceux de Guilford.

Deux ans après, ce sont les six de Birmingham qui sont libérés. Et la révélation que la justice peut être trompée, quand on est sous le feu, c’est quelque chose que les anglais et nous peuvent avoir en mémoire…

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