La première rencontre entre les présidents Macron et Trump a été franche avec une poignée de main en force. Il y eut un temps ou les rapports de force étaient moins physiques.

Et nous sommes nostalgiques d’une autre époque, où la courtoisie et l’amitié régnait entre des géants.

Ainsi, ce 2 septembre 1959 à l’aéroport du Bourget, quand le général de Gaulle accueille le président des Etats Unis Dwight D. Eisenhower.

"Thank you" dit Eisenhower. On n’imagine pas pareille tendresse avec Donald Trump.

Cet enthousiasme masquait des sujets politiques

Eisenhower était le chef de l’occident, il faisait en Europe une tournée chez des vassaux. Il était allé en Allemagne, et au Royaume-Uni, avant de venir chez nous. Et c’était vexant.

La France était un problème. De Gaulle avait repris le pouvoir et voulait refaire de nous une grande puissance. Mais nous n’étions pas considérés, et toujours pris dans la guerre Algérie.

Donc il y avait de quoi discuter et mettre en scène. Aussi bien l’amitié que notre nouvelle importance. Et De Gaulle - comme Macron quand il serre la main de Trump - voulait aussi attester que nous étions les égaux de l’Amérique.

Il n’y avait aucun mot inutile chez De Gaulle, tout était politique.

On faisait déjà dans la communication

Mais avec quel talent ! Et quel moyens. Les 2 et 3 septembre 1959, la RTF, au service de l’Etat, couvre en direct la visite américaine, on tire 101 coups de canon.

Mais en même temps, on est en 1959, quinze ans juste après la libération de Paris, et personne n’a rien oublié. Eisenhower était le chef des armées alliées. De Gaulle le chef de la France libre. Ils avaient écrit l’histoire ensemble. Il y avait eu des tensions entre eux, déjà, parce que l'américain avait la puissance militaire, mais l’autre voulait le symbole.

Pour de Gaulle, il fallait rappeler ça : nos soldats de la libération

Evidemment. Mais en même temps, il y avait de l’affection au service de la politique.

Eisenhower restait le chef du monde libre. Il était reparti jouer au golf en écosse, et la France de de Gaulle finirait par se débarrasser de l’Algérie. construire sa bombe atomique et quitter l’OTAN.

Simplement il s’était passé quelque chose d’humain. Et Eisenhower. était ému quand il parlait devant l'Hôtel de ville : "Je vous aime » avait-il dit.

Et ça avait une autre gueule que les tweets d’un successeur de Eisenhower à qui un successeur de de Gaulle a broyé la main !

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