C'est un jour important pour la gauche, avec le deuxième tour de la primaire, et au moment où les socialistes ont rarement paru aussi divisés et faibles, retour 43 ans en arrière.

Quand ils construisaient leur unité et leur espérance ! Et leurs utopies, sérieux contraste. Quand François Mitterrand faisait couler son éloquence pour promettre l’avenir aux hommes. C’était le samedi 12 octobre 1974, il inaugurait, Mitterrand, les assises du socialisme : un colloque de deux jours à l'hôtel PLM Saint-Jacques, qui faisait verser des larmes d’espérance.

On croyait vraiment a la révolution dans ce socialisme ?

Changer la vie, la rupture en 100 jours... Et c’était le ton de l’époque. Quelques mois plus tôt, Mitterrand avait frôlé la victoire à la présidentielle, et il repartait de plus belle. Le Parti socialiste allait accueillir des hommes venus de tous les horizons de la gauche - c’était ça les fleuves - du gaullisme, des syndicalistes de la CFDT, et surtout des militants du petit parti socialiste unifié, emmenés par Michel Rocard. Une figure de l’époque qui avait une espèce de dureté technocrate et révolutionnaire, qui décrivait une France colonisée par sa bourgeoisie.

On tenait tranquillement un langage révolutionnaire. Rocard n’était pas le modéré qu’il deviendrait, et Mitterrand, qui était loin du père de la nation des années 80-90, parlait de la lutte des classes, mais avec des fleurs.

Cette opposition de style pouvait annoncer ce qui séparerait Mitterrand de Rocard… plus tard !

Sauf que là, ils se retrouvaient, et c’était la griserie du moment. Et ils se retrouvaient dans la dureté idéologique et aussi dans l’utopie. Et il y avait un mot qui flottait, une idéologie : l’autogestion, qui devait être la marque du Parti socialiste ; un principe de renversement de l’autorité, porté par la CFDT… et par Rocard.

C’était à la fois dur et utopiste. Ça inquiétait l’allié communiste, qui redoutait cette nouvelle jeunesse. Ce qui est intéressant, c’est que le socialiste à l’époque n’était pas une école de réalisme, et ça le rendait heureux. Mais ces gens-là n’avaient pas encore gouverné, ceci explique cela.

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