Entre François Mitterrand et le Général de Gaulle, un candidat du centre peut tenter sa chance : Jean Lecanuet.

25 octobre 1965, Jean Lecanuet au milieu de sa famille alors qu'il vient d'être désigné par le comité des démocrates comme candidat à l'élection présidentielle
25 octobre 1965, Jean Lecanuet au milieu de sa famille alors qu'il vient d'être désigné par le comité des démocrates comme candidat à l'élection présidentielle © AFP / AFP

Le système de la Vème République avec son mode de scrutin majoritaire est un vaste complot contre le centre. Mais en 1965, on a d'un côté François Mitterrand qui s'allie avec le Parti Communiste et de l'autre, la décision tardive du Général de Gaulle de se représenter. Qui plus est, ce dernier entend ne pas faire campagne. Tout ceci laisse ainsi de l'espace au parti centriste représenté par Jean Lecanuet :

J'ai 45 ans c'est l'âge des responsables des grandes nations modernes

La référence à Kennedy est évidente. D'emblée il excelle dans les étranges lucarnes. Son dernier meeting rassemble 10 000 personnes à Strasbourg, ce qui est un véritable record pour l'époque.

Il y a deux sortes d'équilibre, l'équilibre vers le bas, et l'équilibre vers le haut. Je préfère l'équilibre dans le mouvement. On peut s'arrêter ou on peut avancer. Je choisis la France qui marche.

La France qui marche ! On comprend mieux la réflexion de Marcel Gauchet : "Macron c'est Lecanuet qui coiffe le képi du Général."
Au départ, De Gaulle ne prend pas au sérieux cette candidature. Puis lorsque Lecanuet est crédité de 20% d'intentions de vote, il se ravise.

Le 5 décembre 1965, jour des élections, le ballottage dans lequel il se trouve est largement dû au 15,5% du centriste. Jean Lecanuet aura ainsi contribué à une réorchestration du jeu politique.

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