Depuis 15 ans, cet ingénieur plonge trois fois par semaine dans la baie de Cannes pour nettoyer les fonds marins des déchets qui s'y trouvent.

Laurent Lombard a alerté sur l'état des fonds marins de la baie de Cannes avec une vidéo sur les réseaux sociaux en 2015 qui a été visionné plusieurs millions de fois.
Laurent Lombard a alerté sur l'état des fonds marins de la baie de Cannes avec une vidéo sur les réseaux sociaux en 2015 qui a été visionné plusieurs millions de fois. © Maxppp / Patrice LAPOIRIE

Il a ramassé au total plusieurs dizaines de tonnes, l'équivalent d'une déchetterie.  Alors que le gouvernement veut en finir avec les emballages et propose un retour à la consigne dans les magasins, lui tire la sonnette d'alarme, il faut aller vite. Fabien Fourel est allé le rencontrer au bout de la jetée du Palais des Festivals.

"Ça fait trois heures que je suis dans l’eau ; depuis 6h du matin, trois fois par semaines. C’est mon sport. Certains font du footing, d’autres vont à la salle de sport. Moi, je vais ramasser des déchets dans la mer."

Combinaison moulante, gants sur les deux mains. Il sort de l’eau, les bras chargés de bourriches. « Il doit y avoir une dizaine de kilo à peu prèss. A l’intérieur : « C’est de la merde. De la grosse merde. Des bouteilles de bière, des portables, des bouteilles en plastique ». Et parfois même, des objets insolites : « Il y a un niveau de maçon. Parfois des armes à feu, de l’argent, des bijoux »

80% des déchets viennent de la terre, via les eaux fluviales. Parce que le système d’eaux fluviales n’est pas traité. Sur certaines routes les déchets tombent dans le caniveau ; et s’ils ne sont pas ramassés par les agents de nettoyage de la ville,  ils finissent dans le réseau d’eaux fluviales, qui se jettent en mer. 

On est capables d’envoyer des fusées sur la Lune, et on n’est pas capables de traiter les eaux fluviales ?!

Le Cannois de 41 ans est ingénieur.  

C’est quasiment sans fin. On sait qu’on enlève des choses, mais on sait que ça va revenir. Ça fait mal au cœur, surtout quand on est passionnés, quand on aime la mer ; c’est écœurant. On ne peut pas rester les bras croisés.

Laurent a entendu la volonté du gouvernent d'en finir d'ici la fin du quinquennat avec les emballages en plastique,. Mais il s'interroge : "D'ici là, qu'est-ce qu'on fait ? La planète est en train d'exploser, de vomir tous ces déchets. Alors on agit maintenant, dans les six mois-un an à venir, et on ne produit plus de plastique jetable."

Bilan de la plongée du jour : 150 kilos de déchets récoltés. "Une bonne pêche" ironise Laurent, avant de poster une vidéo sur les réseaux sociaux pour choquer, son seul espoir pour faire prendre conscience du danger.

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