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C’est une préoccupation majeure pour les économistes. Comment faire en sorte que les jeunes ne soient pas les sacrifiés de cette crise du Covid et de la montée des inégalités ? L'Etat a renforcé le PGE étudiant, que peu de personnes connais...

C’est une préoccupation majeure pour les économistes. Comment faire en sorte que les jeunes ne soient pas les sacrifiés de cette crise du Covid et de la montée des inégalités ? L'Etat a renforcé le PGE étudiant, que peu de personnes connaissent

C’est un sujet qui est revenu comme une rengaine dans toutes les tables rondes des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence qui se sont terminées hier : le Covid a créé une dette de la société envers les jeunes, confinés pour la santé des plus vieux.  C’est plutôt bien que cette prise de conscience ait lieu, car cela fait des années que l’essayiste Hakim el Karoui, qui dirige le cabinet de conseil Brunswick, dénonce les inégalités intergénérationnelles. Il cite un chiffre qui en dit long : en 1995, les moins de 50 ans et les plus de 60 ans avaient à peu près le même patrimoine.  Vingt-cinq ans plus tard, le groupe des moins de 50 ans possède 60% de moins que les plus de 60 ans. Les plus vieux se sont enrichis avec l’envolée des prix de l’immobilier, tandis que les jeunes n’ont plus accès au logement dans certaines villes. Or le Covid n’a pas du tout inversé la tendance. Et ces inégalités de patrimoine font boule de neigeOui, car les 18-25 ans pour financer leurs études, leur formation, sont très dépendants de la solidarité familiale. Résultat, ceux que leurs parents ou grands-parents peuvent aider financièrement pour faire leurs études creusent l’écart avec ceux dont les familles ont peu de moyens.Dans une année où il était difficile de trouver un stage, les étudiants de familles aisées ont aussi été avantagés car ils ont souvent bénéficié d’un meilleur réseau.  Qu’est-ce qu’on peut faire pour remédier à ces inégalités ? Pour les jeunes qui n’ont pas de formation, le gouvernement veut élargir la garantie jeune, pour qu’elle devienne accessible à tous les moins de 25 ans qui en ont besoin. Mais il faut encore attendre un peu. Pour ceux qui veulent faire des études, ou continuer leurs études, faire une année de plus, outre l’alternance, je vous signale un instrument peu connu :  le prêt étudiant garanti par l’Etat. C’est un crédit pour lequel l’étudiant n’a pas besoin de garant, pas besoin de sa famille, et qui peut aller jusque 20 000 euros. Il est accessible jusqu’à 28 ans. L’Etat l’a dopé en mai. C’est BPI France, la Banque Publique d’investissement, qui garantit ce prêt, et ce sont les banques traditionnelles qui le distribuent. Comme il y en avait très peu avant le coup de pouce de l’Etat, les banques connaissent mal ce produit et n’en font donc pas de publicité. C’est dommage car depuis mai, 600 millions d’euros sont disponibles pour aider 55 000 étudiants au lieu de 7 500 l’an dernier. Avis aux amateurs.