Les vacances de printemps commencent samedi, pour les académies de Créteil, Montpellier, Paris, Toulouse, Versailles. Ce seront donc des vacances confinées, à la maison. Le secteur du tourisme a fait une croix dessus mais commence à réfléchir à la suite en regardant vers l'Asie.

Tourisme à Singapour
Tourisme à Singapour © Getty / Jaromir Chalabala / EyeEm

Pour ceux qui auraient eu l’espoir de se déplacer, d’aller dans la famille ou chez des amis, oubliez. Le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne, chargé du tourisme, l’a rappelé hier, c’est tourisme à la maison, entre vos quatre murs…

Ces vacances de printemps, les professionnels ne comptent d’ailleurs pas dessus. Pour l’instant, ils s’organisent pour passer la crise avec l’aide de l’Etat : chômage partiel, prêts garantis et fonds de solidarité pour les travailleurs indépendants comme les guides touristiques. 

En revanche, ils regardent la suite avec une certaine appréhension. Une étude de l’Organisation mondiale du tourisme a donné le ton : l’activité devrait connaître un recul de 20 à 30% en 2020. A titre de comparaison, en 2009, juste après la crise financière, la chute avait été de 4%. On efface sept années de croissance...

Les habitudes touristiques vont changer  

On commence à avoir quelques indications. C’est Pierre-Frédéric Roulot, le directeur général du groupe Louvre Hotel, qui s’y essaie. Louvre Hôtel, c’est Kyriad, Campanile, l’hôtel du Louvre, de la famille Taittinger et des hôtels en Chine. C’est surtout une filiale du groupe Jin Jiang, numéro un chinois de l’hôtellerie.

Il voit donc comment se passe la sortie du confinement et comment se comportent les touristes dans ce “monde d’après”. La reprise est progressive, avec des taux d’occupation qui remontent de 10 points par mois. 

Ce qui repart c’est surtout le tourisme de proximité. Avec des exigences très affirmées des clients en terme de propreté et de transparence sur les critères sanitaires

On observe la même tendance à Singapour

Tout-à-fait. Vous savez que Singapour est un des pays qui ont le mieux géré la crise du Covid. Il y a du gel hydroalcoolique en abondance partout. Il n’y a eu que trois décès à ce jour.

Eh bien Singapour prépare déjà la suite : un label de qualité - SG Clean- a été lancé et les sociétés du secteur du tourisme et de l’art de vivre sont fortement incitées à l’obtenir. Elles doivent pour cela respecter des normes sanitaires élevées :

  • avoir un responsable sanitaire identifié, 
  • contrôler  la température et la santé des employés, 
  • avoir un dispositif pour l’accueil des fournisseurs, 
  • contrôler régulièrement la propreté et l’hygiène, 
  • prendre la température des clients de l’hôtel, 
  • espacer les tables
  • limiter les files d’attente 

On pense certes aux touristes étrangers, mais avant cela, l’objectif est d’inciter les Singapouriens à ressortir. Les établissements d’Orchard Road, les Champs-Elysées locaux, sont déjà presque tous labellisés, les marchés de nourriture de rue aussi. 

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