Le conseil d’administration d’Orange se réunit mercredi 2 décembre. A l’ordre du jour, il y a une bonne nouvelle. Le groupe a eu gain de cause dans le contentieux fiscal qui l’opposait à l’Etat. Le fisc lui a donc remboursé plus de deux milliards d’euros. Une jolie somme. Comment l'investir ?

Très jolie somme, que le groupe a touchée en cash. La question maintenant, c’est comment l’utiliser au mieux. Stéphane Richard, le pdg, a fait une proposition qu’il qualifie de “juste et équilibrée”. Il s’agit de répartir cette somme entre les salariés, qui pourront souscrire des actions moins cher, les actionnaires, qui auront un dividende exceptionnel, la Fondation Orange, pour rendre à la société civile, et bien sûr le développement de l’entreprise. 

La surprise, c’est qu’un administrateur salarié, élu de la CFE-CGC, le syndicat des cadres, a fait une contre proposition: racheter l’entreprise Atos et préparer la succession du PDG Stéphane Richard. 

En Bourse Orange vaut 28 milliards d’euros, l’action a perdu 20% depuis le début de l’année. Atos vaut 8 milliards d’euros.

Orange, tout le monde connaît, mais Atos, ce n’est pas forcément une marque qui parle au grand public

Non, car Atos ne vend pas de service aux particuliers. Mais elle fournit aux entreprises les infrastructures qui font tourner les applications sur votre téléphone, les sites internet ou des  systèmes comptables. Elle est aussi un acteur majeur de la cybersécurité. 

Chez Atos, on croise plusieurs anciens d’Orange. Thierry Breton, devenu depuis commissaire européen, en est un. Tout comme l’actuel directeur général, Elie Girard. 

Ce qui fait envie aux cadres d’Orange, c’est la croissance de cette entreprise. 

Et alors ? Est-ce qu’Orange va investir dans Atos ? 

Non, ce n’est pas du tout à l’ordre du jour. Tout le monde a été très surpris par la proposition de la CFE-CGC, sur le fond et sur la forme. 

Quand on en parle à Stéphane Richard, l’idée, déjà étudiée, lui paraît très peu réaliste. Il ne faudrait pas 2 milliards mais plutôt 13 milliards d’euros pour séduire les actionnaires d’Atos, surtout avec un cours de Bourse d’Orange qui se traîne. 

Pour l’instant, Orange veut donc continuer à se développer dans la cybersécurité avec des acquisitions, mais sans Atos. Surtout l’opérateur continue, comme le veut l’Etat, son principal actionnaire, à investir massivement dans la fibre ou la 5G. Pour lui, un réseau rapide et la fin des zones blanches seront un acquis fort du mandat d’Emmanuel Macron au moment de l’élection de 2022. Et sans doute l’assurance pour le patron d’Orange d’être en position, la même année, de briguer un quatrième mandat. 

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