Rebondissement incroyable dans l’affaire Carlos Ghosn qui a fui au Liban, à Beyrouth.

Carlos Ghosn au Japon, photo datant du 3 avril 2019
Carlos Ghosn au Japon, photo datant du 3 avril 2019 © AFP / Shunpei Takeuchi / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun

Il savait qu’il y serait mieux accueilli. En 2017, pendant qu’on critiquait sa rémunération en France, le Liban imprimait un timbre à son effigie. Et fin 2018, on voyait dans les rues de Beyrouth des affiches 4X3, “Nous sommes tous Carlos Ghosn”. Un état d’esprit très différent de celui que l’on sent en France où les fêtes fastueuses et bling-bling qu’il organisait au Château de Versailles - dont Renault est un mécène important - ont cassé l’image du patron ascétique, obsédé par le succès de la voiture électrique et le management multiculturel. 

Au Japon, il est mis en examen pour dissimulation de rémunération chez Nissan et abus de confiance en vue de détournement de fonds. Mais en France aussi, la justice enquête. Il aurait profité sans payer du Petit Trianon, au Château de Versailles, dont Renault est le mécène.    Lorsqu’il a été arrêté à l’aéroport de Tokyo devant les caméras du monde entier le 19 novembre 2018, Carlos Ghosn arrivait déjà de Beyrouth... 

Depuis son mariage avec Carole, sa deuxième femme, très introduite dans la haute société libanaise, on l’y voyait plus souvent. Il séjournait d’ailleurs dans la maison où il serait installé depuis sa fuite de Tokyo. Or elle est au cœur d’un litige puisqu’elle appartient à une sous-sous-sous-sous-sous filiale de Nissan, qui l’a achetée et rénovée à grands frais en 2012 pour son ex-patron. L’addition se serait élevée à plus de 14 millions d’euros. 5 étages, garage pour cinq voitures, mur végétalisé, salle de sport, œuvres d’art, cave voûtée… Rien ne manque. 

Les Ghosn ont aussi beaucoup d’amis à Beyrouth. L’un d’eux a confié à L’Obs l’avoir vu fatigué mais heureux après sa fuite. Et c’est là qu’est l’avocat qui coordonne vraiment sa défense. Carlos Ghosn y a aussi des activités. Comme s’il avait prévu sa retraite dorée là-bas…   Oui. En 2007, il a investi dans un vignoble et plus récemment il se serait associé avec le banquier Mario Saradar en plaçant 6 millions d’euros dans un projet immobilier de grand luxe, baptisé Cedrar. C’est un domaine de 130 000 m² surplombant la vallée de la Qadisha (au nord du Liban), à 1 800 mètres d’altitude, avec chalets, héliport et accès à un domaine skiable.   De quoi s’occuper. Mais à court terme, Carlos Ghosn dit avoir voulu fuir le Japon pour “communiquer librement avec les médias” et donner sa version de l’affaire. Il veut démontrer le complot politico-industriel, dont il serait la victime, et qui monterait jusqu’au METI, le ministère de l’industrie japonaise. On attend ses informations. 

Si vous voulez tout savoir sur Carlos Ghosn, le Libanais, vous pouvez lire l’article de Clément Lacombe sur le site de L’Obs.

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