Une mesure qui a fait couler beaucoup d’encre refait son apparition aujourd’hui à Paris. La capitale va pouvoir appliquer un encadrement des loyers du parc privé. Un dispositif très discuté.

Et pas seulement en France !

Si je vous dis : une capitale où les loyers ont augmenté de plus de 6% rien qu’en 2018, et où ils ont doublé sur dix ans. Vous me répondez ? Paris !Raté ! C’est Berlin où la municipalité vient carrément d’instaurer un gel des loyers pour près d’un million et demi de logements sur 5 ans. Avec, en cas d’infraction, jusqu’à 500 000€ d’amende. Ce qui est drôle, vu de Paris, c’est que le prix moyen du mètre carré berlinois atteint péniblement 10€, d’un côté du Rhin à l’autre, l’objectif est le même : enrayer cette mécanique infernale qui pousse les classes moyennes à chercher un logement ailleurs. En France, le prix moyen du mètre carré à la location varie du simple à plus du double entre la province et Paris : 9 ou 10€ contre près de 23€ hors charge en 2017. D’où cette décision d’encadrer les loyers à compter d’aujourd’hui.

Ce n’est pas la première fois ?

Effectivement, sous le quinquennat de François Hollande, la loi Alur l’avait autorisé durant deux ans. Paris est sur les rangs depuis le vote la loi Elan l’année dernière qui autorise à nouveau le dispositif sous la forme d’une expérimentation sur cinq ans. Il faut savoir que le parc locatif parisien c’est seulement 500 000 logements : insuffisant pour faire face à la demande. En outre, il se réduit depuis quinze ans : de plus en plus de personnes achètent pour occuper leur appartement. Et les prix à l’achat détournent les gens de l’investissement locatif.

Mais ce dispositif a-t-il fait la preuve de son efficacité ?

C’est tout le problème. La municipalité estime que la mesure a eu des effets très bénéfiques sur les loyers des petites surfaces, dont le prix au mètre carré est souvent le plus abusif. Les professionnels, eux, pointent le fait que ça ne concerne que les logements dont le locataire change, soit 100 000 logements environ, dont seulement un quart sont au-dessus du plafond légal de référence.Mais le point qui pourrait mettre tout le monde d’accord, c’est qu’à Paris les locataires arrivent à la limite de ce qu’ils peuvent payer au regard de leur revenu. Le site PAP a passé au crible près de 6 000 dossiers de locataires, salariés en CDI ou étudiants. Les salariés peuvent financer en moyenne un loyer mensuel jusqu’à 910€. Et ils louent des appartements qui sont à 891€. C’est peut-être finalement ce facteur qui va favoriser la régulation. Parce que sans locataires, plus de loyer…

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