Rares sont les professions qui ne sont pas déstabilisées par la pandémie de Covid. Même les pharmacies, qu’on aurait pourtant pu croire épargnées, ont des raisons de se plaindre…

Pas toutes, loin s'en faut, car au moins, elles sont restées ouvertes. Mais pour quelques centaines d'entre elles, c’est là que le bât blesse !

Notamment pour celles qui sont installées dans les centres commerciaux ou dans les galeries marchandes de plus de 20 000 mètres carrés. 

Tous les commerces y sont fermés depuis un mois, comme l’a décidé le gouvernement, mais les officines doivent ouvrir. Elles doivent aussi maintenir un effectif minimum de pharmaciens, un nombre calculé en fonction de leur chiffre d’affaires de l’année précédente. Cela fait partie de leurs obligations de santé publique. 

Elles sont donc ouvertes dans des centres commerciaux fantômes ? 

C’est à peu près cela. Parfois, les galeries sont à peine éclairées et ne sont plus chauffées. Il n’y a pas un chat et leurs ventes s’effondrent - 50 à -70% en février. Or pendant ce temps, elles sont tenues de payer leur loyer, car les Klépierre, Unibail-Westfield et autres propriétaires des centres commerciaux ne leur font aucun cadeau. 

Et savez-vous combien coûte un loyer dans ce type d’endroit ? 

Pas vraiment… 

Le loyer oscille entre 50 000 euros et 120 000 euros par mois, selon Pharmabest, un groupement d’une centaine de pharmacies, dont une vingtaine sont installées dans des centres commerciaux fermés.

Sur 20 000 pharmacies en France, 350 sont prises à ce piège. Et voudraient l’aide de Bercy pour faire réviser leur loyer en fonction de leur perte de chiffre d’affaires. 

Et que répond le ministère des finances ? 

Pas d’aide spécifique prévue. En règle générale, Bercy renvoie les pharmaciens vers le ministère de la santé. Les organisations professionnelles du secteur, comme l’Ordre des pharmaciens, ne sont pas non plus très mobilisées pour les soutenir. Elles s’occupent davantage des petites officines que des grandes pharmacies transformées en machine de guerre commerciale, que personne ne plaint. Et pour cause. 

La parapharmacie a bien tourné l’an dernier. L’Oréal a même annoncé des résultats records sur ses marques comme la Roche Posay par exemple. Certaines officines font aussi une bonne affaire avec les tests. 

Le président de l’enseigne Pharmabest, David Abenhaim, peine donc à se faire entendre. Il contre-attaque  sur un autre front: que le gouvernement associe les pharmaciens à la campagne vaccinale, eux qui vaccinent contre la grippe, en utilisant notamment le vaccin AstraZeneca. Il ne comprend pas pourquoi les doses n’arrivent pas plus vite, y compris pour distribuer aux médecins. Dans cette course contre la montre, il est plus que temps d’accélérer. 

Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.