C'est une femme qui compte dans le monde des affaires: la très influente et très discrète Patricia Barbizet. Elle a été la plus proche collaboratrice de François Pinault, mais l'an dernier, elle a quitté la présidence d'Artemis, la holding de la famille Pinault.

A 63 ans, la femme d’affaires prend aujourd’hui la tête du HCGE, le Haut Comité pour le Gouvernement d’entreprise, une émanation du Medef.  Ses membres sont un peu les bœufs carottes des patrons : ils veillent au respect du code de bonne conduite notamment en matière de bonus et de parachutes dorés.  Cette mission va comme un gant à Patricia Barbizet, une femme d’une grande droiture intellectuelle. C’est elle qui a façonné l’empire Pinault au cours des trente dernières années.  Elle est arrivée en 1989, pour épauler François Pinault alors qu’il se lançait dans l’industrie du bois. Et très vite, elle lui a conseillé de créer un holding familial. Elle en a même trouvé le nom : Artémis, la déesse de la chasse. 

Pourquoi est-elle partie ?  

Après 28 ans de loyauté envers François Pinault, Patricia Barbizet avait envie d’entamer une nouvelle vie. On peut la comprendre : c’était l’éminence grise du patriarche, elle l’a aidé à se diversifier dans la distribution en rachetant la Fnac ou la Redoute, mais aussi dans la presse en mettant la main sur Le Point.  Elle a ensuite recentré l’empire sur l’industrie du luxe à travers le groupe Kering qui détient aujourd’hui des marques comme Gucci ou Saint-Laurent.  Depuis un an, elle se fait plaisir : elle finance et conseille des start-up, elle préside la Philharmonie de Paris et le Club d’influence le Siècle. Tout en restant au conseil d’administration d’Artémis et de Kering.   

Cette ancienne patronne est-elle crédible pour faire régner l’éthique parmi ses pairs ?  

En tout cas, elle en a l’étoffe. Elle est loin d’avoir décroché. Depuis juin, elle est administratrice d’AXA, elle sera bientôt chez Pernod-Ricard. Elle a bien l’intention de renforcer l’action de ce comité.  Depuis sa création en 2013, il déjà fait plier plusieurs patrons comme Michel Combes à Alcatel-Lucent ou Georges Plassat, chez Carrefour, en les faisant renoncer à tout ou partie de leur bonus.  On voit bien Patricia Barbizet en déesse de la chasse aux patrons sans scrupules.

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