Des transports en commun gratuits, c’est un sujet qui monte à l’approche des municipales. Une trentaine de villes l’ont déjà mis en place. Deux sénateurs viennent de faire un bilan.

La gratuité des transports publics : une fausse bonne idée ?
La gratuité des transports publics : une fausse bonne idée ? © Getty / LeoPatrizi

Vraie ou fausse bonne idée, cette gratuité ? 

Comme vous, je ne suis pas toujours fan des rapports un peu râleurs de nos sénateurs. Mais celui-ci vaut vraiment un détour par le site du Sénat. 

D’abord à cause de la personnalité des auteurs :

  • Guillaume Gontard, élu dans l’Isère, est rattaché au groupe communiste. Il est écolo et plutôt favorable à la gratuité. 
  • Michèle Vullian, elle, est une élue centriste, lyonnaise, surtout soucieuse de bonne gestion budgétaire. 

Leur rapport est donc un modèle d’équilibre, pas du tout une caricature. 

Deuxièmement, cette question de la gratuité des transports est très clivante. On est soit archi-pour, pour des raisons environnementales, soit archi-contre, par peur de hausse des impôts ou parce qu’on est obligé de prendre sa voiture. On manque souvent de vision globale. 

Verdict : la gratuité n’est pas une recette magique

Loin de là : ça ne doit pas être une fin en soi, plutôt un moyen. 

La bonne question à se poser, c’est donc celle de l’objectif recherché. Pour redynamiser un centre-ville, par exemple, la gratuité est un très bon outil : c’est ce qu’on voit à Dunkerque, la plus grande ville à avoir fait ce choix. Les gens se déplacent beaucoup plus dans le centre. 

En revanche,  si le but de la gratuité, est de réduire l’usage de la voiture, le pari n’est pas gagné. Car le report des automobiliste vers les transports en commun ne serait que de 1 à 2%. C’est ce qui a conduit Aix-Marseille à renoncer à ce projet par exemple. Une part trop importante des trajets est encore considérée comme “non reportable”, sans perte de temps. 

Côté finances, il y a aussi plusieurs cas de figure

Dans les petites villes, les bus étaient trop peu utilisés. Donc la billetterie ne rapportait pas grand-chose : 3 000 euros par an, par exemple, à Saint-Flour ! Finalement, les économies faites sur la vente de billets et le contrôle compensent en grande partie la baisse des recettes. 

Mais dans les grandes agglomérations, la billetterie couvre entre 25% et 36% des coûts. La maintenance des trams, des trains ou des métros est chère. Le manque à gagner paraît difficilement compensable. Et puis les réseaux de transport sont déjà saturés. Avant la gratuité, il faut plutôt investir. 

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