Le groupe Total multiplie les annonces. Il dit préparer l’après-pétrole. Sa production d'or noir baisserait à partir de 2030, compensée par la hausse du gaz et des énergies renouvelables.

Logo du groupe Total
Logo du groupe Total © Getty

Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, promet que la production de pétrole de Total stagnera ou déclinera légèrement d’ici à 2030. 

C'est présenté comme un effort pour le climat, mais surtout comme une décision lucide. Celle d’un chef d’entreprise qui anticipe la demande de ses clients. Et il y a dix jours, la Chine s’est engagée à atteindre la neutralité carbone en 2060. La demande pour les produits pétroliers devrait donc baisser à partir de 2030. 

C’est donc un moment historique pour Total. Patrick Pouyanné parle de “transformation”. Ne l’appelez plus jamais pétrolier… 

Et donc, qu’est-ce qu’il faut dire ? 

Total est désormais un producteur d’énergies, énergies au pluriel. La part du pétrole dans ses ventes doit devenir minoritaire. Minoritaire ça ne veut pas dire nuille ou fable. Plutôt que de couper dans sa production d’or noir, Total va augmenter celle du gaz, des biocarburants du solaire et de l’éolien… 

C’est vrai qu’il devient un champion des énergies renouvelables. Il avance vite, plus vite que ses objectifs, qu’il revoit donc à la hausse. Il vise donc 35 Gigawatts en 2025. 10 Gigawatts de plus qu’aujourd’hui, c’est 4000 éoliennes ou 30 millions de panneaux photovoltaïques en plus. 

Il pilote le premier projet d’éoliennes flottantes en mer, il s’est associé avec le chinois Envision, avec l’indien Adani, il finalise une acquisition en Espagne, dont il veut utiliser l’énergie solaire pour compenser l’empreinte carbone de ses implantations européennes, 

Il transforme sa raffinerie de Grandpuits au nord de Paris pour qu’elle produise des biocarburants et des bioplastiques. Il achète à Bolloré un réseau de superchargeurs électriques à Londres. Il est dans les batteries électriques auto avec Saft. Avec les taux d’intérêt très bas auquel Total emprunte, ces investissements sont vite rentables. 

Ca réduit donc son empreinte carbone ? 

Son intensité carbone, oui, mais pour l’empreinte c’est plus compliqué. Car Total ne renonce pas à investir dans le pétrole. y compris dans l’exploration, même s’il investit moins pour d’adapter à la baisse des prix. Surtout il compte beaucoup sur le gaz pour la croissance de sa production d’énergie. Le gaz pollue moins que le pétrole, mais il pollue tout de même.

Au final en 2030, les produits pétroliers pèseront 35% de la production, le gaz 50% et l’électricité, 15%. Donc Total, géant des renouvelables, oui, mais surtout géant du gaz. 

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