Des discussions vont commencer ce matin entre la direction d’ADP (Aéroports de Paris) et les représentants des salariés. Le trafic aérien est toujours en chute libre. Les aéroports parisiens tournent à 30% de leur capacité. Il faut réduire les effectifs. Comment ça va se passer ?

La discussion va être d’une grande complexité technique

Car la direction souhaite mettre en œuvre en même temps trois “accords Macron”. Le premier c’est une rupture conventionnelle collective, un accord sur les réductions d’effectifs, plus souple qu’un plan de sauvegarde de l’emploi. L’entreprise peut, par exemple, continuer à embaucher dans les métiers où il y a des besoins.   Le deuxième, c’est un accord de performance collective. Pour limiter les réductions d’effectifs, l’entreprise demande aux salariés qui restent de participer à l’effort de réduction des coûts en baissant leur rémunération ou en travaillant plus. Les salariés d’ADP s’inquiètent donc pour leur prime de juin, une sorte de quatorzième mois, et pourraient perdre jusqu’à 4 jours de RTT. Le troisième, c’est un Accord de travail partiel de longue durée, qui prendrait le relais en mars 2021 du dispositif actuel de chômage partiel. Il permet de partager l’activité entre les salariés. Ceux qui travaillent dans les terminaux restés ouverts partageraient leur temps de travail avec ceux dont le terminal est fermé jusqu’à nouvel ordre. Ils seraient tous à 60% en temps de travail, payés 88% en net.   

Qu’en pensent les syndicats ?  

La CGC, la CGT et l’Unsa seront à la table de discussion. Mais ils n’ont eu connaissance des objectifs chiffrés de la direction qu’hier soir. Elle compte supprimer 700 emplois sur 6300.  C’est un peu plus proportionnellement que les 10% négociés par Vinci cet été pour  l’aéroport Saint-Exupéry de  Lyon. En plus des 40 départs volontaires, 3 jours de RTT ont été supprimés et l’avancement gelé pour ceux qui restent. A Londres, les deux grands aéroports ont réduit les effectifs de 25%. Amsterdam parle de  20%. 

Un accord paraît-il possible ?  

Les syndicats reconnaissent que la situation est difficile. ADP a contracté des emprunts au printemps pour payer ses charges et les salaires malgré l’arrêt brutal du trafic aérien. La situation des salariés en chômage partiel, qui ne sont pas revenus dans l’entreprise depuis mars, est aussi inquiétante. La direction propose donc aux plus de 58 ans une sorte de pré-retraite. Elle veut en revanche garder les jeunes, moins chers, et surtout opérationnels quand l’activité repartira à plein, en 2023-2024 selon ses prévisions. Les syndicats, qui voient aussi que la situation est bien plus dure pour les sous-traitants d’ADP, vont donc négocier, mais avec méfiance quand même. Certains soupçonnent la direction de vouloir sabrer un peu plus que nécessaire dans les avantages acquis en vue d’une nouvelle tentative de “privatisation”.

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