Tout est parti d’un homme qui adore les records, et cet homme, c’est Zinedine Zidane. Il y a trois semaines, il accepte de redevenir l’entraîneur du Real Madrid. Mais la star du ballon rond revient avec une liste de courses, et c’est foie gras plutôt que pâté en croûte.

Le président du Real accepte de payer la note: ce sera 500 millions d’euros.  Le club madrilène va donc dépenser un demi-milliard d’euros cet été pour s’offrir des joueurs. Il y a deux ans le Paris Saint-Germain avait dépensé 400 millions d’euros pour s’offrir le brésilien Neymar et le Français Kylian Mbappé.  Mais le PSG est détenu par un fonds Qatari, qui dépense de l’argent sans compter pour faire du lobbying. Le Real Madrid est une entreprise plus classique. Elle dépense beaucoup, c’est vrai, mais elle attend plus de retour sur investissement. On entre donc dans une nouvelle ère du foot business. 

Est-ce que cette fois, la bulle du foot va exploser ?  

A court terme, c’est peu probable, car le foot est assis sur un tas d’or: les droits de diffusion télé. Pour faire simple, tout part des chaînes de télé privées. Elles s’arrachent à prix d’or le droit de diffuser les matchs des clubs de foot. Ces clubs se partagent ensuite le magot. Le magot sert à acheter les meilleurs joueurs. Les meilleurs joueurs aident à remplir les stades et à vendre des maillots. Les maillots attirent les sponsors. Les sponsors payent très cher pour être vus à la télé. Les télés encaissent l’argent des sponsors et on recommence.  Alors tout cela peut faire penser à une bulle, mais l’UEFA, le gendarme du foot européen, veille au grain et assure que la situation financière des clubs n’a jamais été aussi saine depuis 10 ans. 

Sur le plan économique, pas de souci particulier

Sur le plan politique, pas de scandale non plus, sauf quand la puissance publique soutient financièrement le foot ou refuse de le taxer.  Le problème est surtout sportif, car cette croissance économique est très inégalitaire. Une vingtaine de clubs s’est accaparée la majeure partie du trésor et cet afflux d’argent tue le suspense sur le terrain.  Le foot a longtemps été un sport très imprévisible, mais désormais, l’équipe la plus riche gagne presque tout le temps. Et dès que le régulateur du foot propose de rééquilibrer la donne, les plus riches menacent de faire sécession, et de créer une compétition VIP qui serait fermée. Ces derniers jours, ils se sont réunis discrètement en Suisse pour privatiser encore un peu plus ce qui reste paradoxalement le sport le plus populaire du monde.

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