A la rentrée, il n’y aura pas de Mondial de l’auto. Vous ne pourrez pas aller Porte de Versailles début octobre rêver sur les prototypes ou choisir les options de votre voiture. PSA Peugeot Citroën s'est retiré le premier. Paris organisera en revanche un événement Movin On sur la mobilité et la ville.

S’il y a un secteur qui est à l’arrêt et qui ne voit pas très bien comment il va repartir, c’est bien celui-là. Alors Carlos Tavares, le patron de PSA Peugeot Citroën, n’a pas beaucoup hésité. Il a tout de suite coupé dans les coûts et décidé de ne pas avoir de stand au Mondial de l’Auto de Paris. Renault a suivi, bien heureux de ne pas avoir eu à décider le premier. Et le Salon est donc mort. 

Au total, PSA va diviser par dix ses dépenses de marketing et les concentrer sur Internet. Car le groupe ne s’attend pas à une reprise rapide des ventes à la rentrée. En Chine, les consommateurs se montrent très frileux. Ils hésitent à acheter des “biens durables”. Ils s’accrochent à leur épargne. 

En France, les concessions ont fermé du jour au lendemain, après le confinement. Les ventes sont donc tombées à zéro. Une chute plus forte qu’en 2009, après la crise financière et la disparition du crédit automobile. Et quand on sortira du confinement, on ira sans doute au restaurant, pas forcément chez son concessionnaire auto. 

Mais ce Mondial de l’auto, n’était-il pas condamné avant même que le virus ne se propage? 

Si. Il y a deux ans, ses organisateurs ont vendu 600.000 entrées payantes (pour un million de visiteurs), mais malgré cela, ils ont perdu un million d’euros dans l’opération. Ils avaient donc décidé de réduire la voilure.

A Francfort, le grand salon allemand, qui se tient en alternance avec celui de Paris, il y a eu 30% d’exposants et autant de visiteurs en moins l’an dernier. D’ailleurs, Francfort, c’est aussi fini. Quant au salon de 2021 aura lieu à Munich. Le grand salon américain, celui de Detroit, prévu en juin, il vient aussi d’être annulé. 

Aux salons sectoriels, les constructeurs préfèrent désormais les grand-messes de la tech, celles où on montre les innovations dans tous les domaines, comme le CES de Las Vegas ou Vivatech à Paris. A l’automne, la filière auto organisera donc dans la capitale un évènement intitulé Movin On, le “Davos de la Mobilité”, où l’on parlera villes connectées, _smart citie_s et applis... 

Mais ce ne sera sans doute pas au Parc des Expositions de la Porte de Versailles. Trop cher, lui reprochent les organisateurs de salon, et moins chic que le Grand Palais, L'Hippodrome de Longchamps ou le nouveau Roland Garros. Octobre, ça paraît loin. 

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