On connaîtra mi-juillet les propositions du Haut commissaire Jean-Paul Delevoye pour réformer les retraites. L’une des pistes envisagées, c’est d’encourager les seniors à travailler plus longtemps. Comment le gouvernement pourrait-il s’y prendre ?

Aujourd’hui, seuls 460 000 retraités continuent d’avoir une activité qui leur procure des revenus en plus de leur pension.
Aujourd’hui, seuls 460 000 retraités continuent d’avoir une activité qui leur procure des revenus en plus de leur pension. © Getty / Mint Images

En développant les dispositifs qui permettent de cumuler pension de retraite et revenus d’activité. Il y en a deux. 

  • le cumul emploi-retraite : on reprend une activité une fois qu’on a ouvert ses droits à la retraite. 
  • la retraite progressive : comme son nom l’indique, on peut réduire progressivement son activité après 60 ans tout en restant dans l’entreprise.

Ces outils sont peu utilisés. Aujourd’hui, seuls 460 000 retraités continuent d’avoir une activité qui leur procure des revenus en plus de leur pension. C’est-à-dire 3 % des retraités. Ailleurs en Europe, le phénomène est plus courant : ça concerne 10 % des sexagénaires. 

Qui sont les seniors dans cette situation ?

Si on regarde le dispositif qui est de loin le plus utilisé, le cumul emploi retraite, il y a en gros deux profils. 

  • Le premier, c’est un homme de 65 ans, cadre ou profession libérale, qui continue à travailler à temps plein ou à temps partiel. Le plaisir de travailler est son moteur. Mais ça lui permet aussi de gagner autant, voire plus qu’avant de prendre sa retraite.
  • L’autre profil est beaucoup plus précaire. C’est plutôt une femme qui touche une toute petite pension : elle est contrainte de faire quelques heures de ménage ou de garde d’enfants pour pallier des fins de mois difficiles. 

Développer ces dispositifs, est-ce une bonne idée ?

Pour le cumul emploi retraite, ce n’est pas sûr, Mathilde. Il pourrait inciter les seniors à partir en retraite avant le fameux âge d’équilibre que veut mettre en place le gouvernement. Concrètement, si vous arrêtez de travailler avant 63 ou 64 ans, vous partirez avec une décote. Mieux vaut être sûr de retrouver un emploi. 

Sinon, c’est un jeu perdant-perdant. L’objectif du gouvernement de maintenir les seniors en emploi ne sera pas tenu et les seniors vont s’appauvrir. 

Faire décoller les retraites progressives

C’est une véritable transition douce qui permet, dès 60 ans, de passer à temps partiel et de continuer à accumuler des droits pour améliorer le montant de sa pension future. Mais personne ne connait ce dispositif : seuls 11 000 Français en bénéficient aujourd’hui. Les pouvoirs publics ne lui ont guère fait de publicité jusqu’ici de peur que ça coûte cher aux finances publiques. 

On peut donc en prendre le pari ce matin : cette préconisation du rapport de Jean-Paul Delevoye va passer à la moulinette de Bercy et il n’en restera pas grand-chose dans la future réforme des retraites.

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