Hier Tesla est devenu, en Bourse, le constructeur automobile le plus cher du monde, devant Toyota et loin devant Volkswagen. La société d'Elon Musk ne gagne pourtant pas d'argent. Bulle ou changement structurel ?

On dit des voitures Tesla qu’elles ont une accélération incroyable avec leur moteur électrique. Eh bien accrochez-vous. En Bourse, comme au volant, cela se vérifie. En deux jours, l’action a pris 10%. En un an, sa valeur a été multipliée par 4. Résultat, Tesla vaut 208 milliards de dollars. Plus que Toyota et le double de Volkswagen. Quant à Renault, il pèse 30 fois moins…  

Petit rappel: Tesla a été créé en 2003, alors que Toyota et Volkswagen sont nés en 1937. Il a donc fallu moins de vingt ans à Elon Musk, son fondateur,  pour rattraper en Bourse les deux premiers constructeurs mondiaux. 

C’est d’autant plus incroyable que l’an dernier, Tesla a sorti moins de 400 000 véhicules de ses usines quand Toyota et Volkswagen en ont produit 11 millions chacun. 

Ca ressemble quand même beaucoup à une bulle boursière…

Il y a , c’est vrai, un emballement autour des valeurs technologiques. A 1130 dollars, acheter une action Tesla paraît donc risqué. Mais méfions-nous des pronostics : on disait la même chose quand l’entreprise valait 30 milliards... 

Il y a aussi quelques raisons objectives à ce succès. Elon Musk, le fondateur de Tesla, est en train de montrer qu’il peut changer d’échelle de production. Il a maintenant trois usines de batteries, deux aux Etats-Unis et une en Chine. Une quatrième est en route près de Berlin. 

Dans ses usines, Tesla contrôle toute la chaîne de valeur, là où les autres constructeurs, année après année, sont devenus des assembleurs de pièces inventées par d’autres. Et les fans de Tesla vous disent qu’ils ont dans leur voiture la même sensation que celle qu’ils ont eue en passant d’un téléphone Nokia à touches à leur premier IPhone. 

Tesla menace donc sérieusement ses concurrents ? 

Ils sont protégés par leurs volume, par le prix des Tesla aussi, et ils vont riposter. Entre 2020 et 2022 on attend le lancement de 50 voitures électriques, y compris chez Porsche et BMW. 

Mais  il faut  prendre la menace des innovateurs-disrupteurs au sérieux. Nikola Corporation, une start up de camion à hydrogène qui n’a encore produit aucun véhicule, vient d’entrer en Bourse et vaut déjà plus que les petits constructeurs européens. Evidemment tout cela est très très risqué, mais le signal de réveil est clair. 

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