On sait que, depuis quelques années, les chauffeurs sont confrontés à une concurrence très dure des services voituriers que l’on contacte en ligne, comme Uber… Le roi des taxis, donc, a décidé de réagir, et il s’en sort plutôt bien.

Ce nom vous dira peut-être quelque chose: Nicolas Rousselet est bien le fils aîné d’André Rousselet, homme politique et homme d’affaires, créateur de Canal+ en 1984, collaborateur et ami proche de l’ancien président de la République François Mitterrand.  Nicolas Rousselet a hérité de son père, entre autres, les taxis G7 : 9 000 taxis G7 sillonnent aujourd’hui nos villes. Ce sont pour la plupart des chauffeurs indépendants qui ont choisi de s’affilier à la G7 mais Nicolas Rousselet et sa famille en possèdent quand même en propre 750.  

Cela a été une rente extraordinaire mais, là encore, Internet a tout mis sens dessus dessous. Plus de concurrents, moins de clients, moins de chiffre d’affaires… Entre 2014 et 2016, les chauffeurs de taxi débrayent et brûlent des pneus sur le périphérique parisien. On se bat contre Uber. Il flotte une sale odeur de roussi dans le taxi… Jusqu’à ce que Nicolas Rousselet prenne efficacement le volant.  En mai 2016, voilà trois ans pile, cet HEC de 53 ans, silhouette en lame de couteau, front haut et dégarni, petites lunettes d’intellectuel sur le nez, loue le Zénith de Paris et rassemble 4000 chauffeurs, près de la moitié de ses effectifs.  Sur scène, raconte Pauline Damour dans Challenges cette semaine, il fait venir l’animatrice de télévision Louise Ekland et l’ancien taxi devenu acteur et humoriste Ary Abittan, l’un des gendres de "Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu".  « C’est à nous de nous remettre en question », lance Rousselet à ses taxis. Et dans la foulée, il change tout ! 

Le comité de direction est renouvelé à 70%. Il crée une offre de luxe avec grosses berlines noires et chauffeurs en costume cravate. Il lance une campagne de publicité, multiplie les formations, les contrôles mystères. Et Nicolas Rousselet s’active en coulisses pour durcir la réglementation qui s’applique à ses concurrents, les fameux VTC. Il est sur tous les fronts.  La victoire est au rendez vous:  le chiffre d’affaires de G7 a bondi de 27% l’an dernier, la mesure de satisfaction des clients grimpe. Et la licence des taxis - leur assurance retraite - ne baisse plus, elle se stabilise à 120 000 euros. Nicolas Rousselet a gagné une belle bataille mais il n’a pas gagné la guerre. D’autres concurrents comme AlloCab ou Tako poussent comme des champignons. Pas question de s’endormir au volant, la course entre taxis et VTC risque de faire crisser les pneus encore quelques années.

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