La semaine dernière, les Bourses ont connu leur plus forte baisse depuis 2008. Ce matin, à Tokyo et à Shanghai, les indices se reprennent, mais les investisseurs redoutent les dégâts du coronavirus sur l’économie et ils ont les yeux rivés sur l’indice VIX…

Des traders attentifs à l'indice VIX (archive photo datant de 6 février 2018)
Des traders attentifs à l'indice VIX (archive photo datant de 6 février 2018) © AFP / SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

À chaque crise, son vocabulaire financier. Et avec l’effondrement des marchés la semaine dernière, on découvre un nouvel indice, l’indice VIX. Il mesure la volatilité anticipée par les marchés. La volatilité, ce sont les mouvements, les variations. Plus les investisseurs sont sur les nerfs, plus l’indice VIX est élevé. 

Aux États-Unis, on l’appelle aussi l’”indice de la peur”. La semaine dernière, il a grimpé en flèche. On n’avait pas vu cela depuis la crise des subprimes. On comprend que la planète finance ait peur. Cela fait 11 ans que les marchés américains d’actions montent. Un peu moins longtemps pour les marchés européens. C’est beaucoup. 

Tout le monde se demande si la crise du Covid-19 marque le retournement du cycle.

Si l’on se fie à cet “indice de la peur”, ce serait le cas ? 

La peur est mauvaise conseillère. Et surtout cet indice n'est pas facile à manier. D’ailleurs, l’un de ses créateurs, Sandy Rattray, a conseillé au Financial Times de s’en méfier. Je le cite : "le VIX est passé d’une mesure de quelque chose, à quelque chose qui influence ce qu’il essaie de mesurer”

Bref ce qui domine aujourd’hui, c’est l’incertitude : personne ne sait jusqu’à quel point l’économie va être bloquée par le coronavirus. La production aujourd’hui est tellement mondialisée qu’un grain de sable dans une seule usine peut avoir des conséquences sur le reste du monde. 

Pour vous donner un exemple, lors du tremblement de terre et de l’accident nucléaire de Fukushima, une usine Merck implantée à proximité a été arrêtée. Or elle était la seule au monde à produire des pigments, les pigments Xirallic, utilisés par toutes les peintures automobiles. A elle seule, elle a mis ce secteur à l’arrêt.

Alors : imaginez les décisions de confinement, en Chine, en Lombardie, comme autant de grains de sable jetés en même temps dans la machine… 

Que peuvent faire les gouvernements et les banques centrales face à cela ?  

Pour Olivier Blanchard, l’ancien chef économiste du Fonds monétaire international, aujourd’hui chercheur au Peterson Institute à Washington, il n’y a qu’une chose à faire : renforcer les moyens médicaux, les hôpitaux, ne pas lésiner. 

Et soutenir les entreprises pendant cette période chahutée. Pour cela, il faudra peut-être que l’Etat étale les paiements de cotisations ou donne des instructions aux banques de leur faire crédit voire des garanties. 

Ce qui peut inquiéter aujourd’hui c’est que les Etats-Unis, la France, l’Italie, le Royaume-Uni sont déjà très endettés. Mais pour Olivier Blanchard, ce n’est pas un problème. Pour l’instant, les marchés ont davantage peur du VIX que des déficits publics. 

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