Tous à vos ordinateurs ! C’est le conseil que Bruno Le Maire donne aux commerçants. Le ministre de l’Economie les incite à vendre en “click and collect” ou en livrant pendant le confinement.

Il y a eu un désaccord sur ce sujet, hier, sur BFM, entre Bruno Le Maire et le présentateur qui l’interrogeait. Pour le journaliste, vendre en ligne, c’est “mission impossible” pour une petite boutique. Le ministre lui a rétorqué qu’il n’avait pas la même image du petit commerçant. 

Alors qui a raison ? Pour cette fois, j’ai envie de donner le point à Bruno Le Maire. Pourquoi? Parce qu’un tiers des commerçants sont déjà “en ligne”. Et surtout parce que le premier confinement a montré qu’il était possible de s'organiser rapidement. 

Prenez la ville de Vichy. En avril, la mairie a adopté la solution d’une filiale de la Poste, Ma Ville mon Shopping. Bilan: une centaine de boutiques se sont créé un profil sur ce site et une soixantaine sont restées actives depuis. Les fleuristes - avec Sessile- ou les libraires -avec Place des Libraires et Paris Librairies- ont leurs sites spécialisés. 

Il y a aussi beaucoup de commerçants présents sur les réseaux sociaux… 

Ceux-là ont créé une communauté sur Facebook ou sur Instagram et n’ont pas attendu leur mairie ou La Poste pour s’y mettre… Il faut maintenant compléter cette présence pour pouvoir vendre, livrer et surtout se faire payer, à distance.

Et ce n’est pas si compliqué. Il existe des solutions très simples de paiement par sms: Paylib, proposé par les banques, ou Lydia, que tous les étudiants connaissent, par exemple. 

Pour se créer un site ou rejoindre une plateforme, il y a l’embarras du choix: So Local, C-Discount, Rakuten, Le Bon Coin et j’en passe… Elles proposent des formations express. Le plus dur c’est de choisir. 

Est-ce que ça coûte cher ? 

Toutes ces plateformes proposent leurs services gratuitement pendant le confinement. Le ministère des finances recense leurs offres sur une page de son site, qui doit être mise à jour cette semaine.

Mais il ne faut pas se précipiter et regarder de près les frais applicables au moment du retour à la normale. En général, quand vous rejoignez une plateforme, il y a un abonnement mensuel - de 39 à 500 euros par mois - puis des commissions sur les ventes. Or il n’est pas simple de changer de système. Les chambres de commerce ou de métier peuvent être de bon conseil. 

Il faut aussi savoir que  le plan de relance prévoit une aide financière qui sera précisée par Bercy cette semaine. Bercy qui a par ailleurs indiqué que les ventes à emporter ne réduiront pas les indemnités auxquelles auront droit les boutiques fermées, au titre du fonds de solidarité. C’est donc bien le moment de se lancer.