L’OMC, l’Organisation Mondiale du Commerce, se cherche un nouveau patron. Roberto Azevedo vient de quitter son poste et, pour le moment, il n’a pas de remplaçant. C’est la première fois que ça arrive, signe que le mondialisation va mal.

Roberto Azevedo, ancien directeur-général de l'OMC
Roberto Azevedo, ancien directeur-général de l'OMC © AFP / Fabrice COFFRINI

Roberto Azevedo a annoncé sa décision de quitter l’OMC pour raisons personnelles (il rejoint Pepsi) dans le courant du mois de juillet, en pleine pandémie. Le délai était trop court pour lui trouver un successeur au 1er septembre. Un directeur intérimaire aurait dû être nommé, l’allemand Karl Brauner. 

Mais sa désignation a été bloquée par les Etats-Unis : Donald Trump fait tout pour entraver le fonctionnement du gendarme du commerce mondial. Il est peu probable que la situation se débloque avant les élections américaines. Pour l’instant, ce blocage n’émeut pas grand monde. 

Car l’OMC a été créée pour négocier des accords mondiaux et faciliter l’échange de marchandises ou de services sans barrières douanières. Or il y a bien longtemps qu’aucun accord n’a été signé. Le libre-échange n’a plus tellement la cote. La préoccupation, c’est plutôt le réchauffement climatique.    

Que l’OMC n’ait pas de chef pose tout de même quelques problèmes…   

Car l’OMC a un autre rôle, très important : elle est chargée d’arbitrer les litiges entre les pays et les entreprises qui s’accusent de concurrence déloyale. Comme Airbus et Boeing. 

C’est son tribunal, l’Organisme de règlement des différends, qui s’en charge. Et il se trouve qu’il ne fonctionne plus non plus, car depuis décembre 2019, les Etats-Unis bloquent la nomination de deux des trois juges qui le composent.

A travers l’OMC, Trump vise la mondialisation. Malgré la puissance des Gafa, il trouve qu’elle ne profite pas assez à son pays. Rien ne l’énerve plus que l’excédent commercial allemand, les importations de vin français ou les succès d'Airbus.  

L’OMC a pourtant condamné Airbus l’an dernier.

Oui mais en octobre prochain, c’est Boeing qui aurait normalement dû être condamné à son tour, pour aides d’Etats lui aussi. Sauf qu’il n’y a plus de juges pour terminer la procédure. En Europe, il n’y aura personne pour s’en plaindre. Le commissaire au commerce, l’Irlandais Phil Hogan vient de démissionner, contraint et forcé : il avait assisté à un dîner de gala de 80 personnes, alors que ce type de rassemblement venait d’être interdit par les mesures Covid. 

La mondialisation va mal. Et ça ne fait que commencer. Car une autre menace pointe, qui inquiète encore plus les chefs d’entreprise : c’est la guerre des monnaies. Le cours du dollar ne cesse de baisser, ce qui pénalise nos exportations. Hier, l’euro est passé au-dessus de 1 dollar 20. Le plus haut depuis deux ans. Et ça pourrait continuer.

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