L’an dernier, les recettes mondiales se sont élevées à 19 milliards de dollars (17 milliards d’euros), en hausse de 10%. C’est la quatrième année consécutive de progression.

Cette mélodie est financièrement bien douce, même si on est encore loin des sommets d’il y a 20 ans, avant cette révolution numérique qui a fait exploser le piratage et chuter les revenus.  Comment expliquer ce regain de croissance?  C’est le streaming musical proposé par des sociétés comme le français Deezer, le suédois Spotify, Apple Music qui porte ce dynamisme. L’an dernier, ce mode de diffusion a représenté à lui seul près de la moitié des recettes totales de la musique, contre rien ou presque il y a seulement 10 ans. On assiste à un vrai basculement en faveur de l’abonnement numérique au détriment du téléchargement qui s’effondre de 20%. Quant au CD et autre vinyls, ils ne représentent plus qu’un quart des recettes contre 50% en 2012.  

Le streaming va-t-il continuer de progresser ?  

Pour les professionnels, c’est une véritable lame de fond. Grâce au streaming, les jeunes des grands pays de l’industrie musicale -Etats-Unis, Japon, Royaume-Uni ou encore France-,  se convertissent à l’idée de payer quelques euros par mois pour accéder à des dizaines de millions de morceaux de musique. L’abonnement est donc clairement le meilleur rempart face au piratage.  Avec le streaming, l’industrie musicale peut aussi espérer devenir vraiment mondiale. Ce qui n’a jamais été le cas. Pendant des décennies, la vente de musique s’est concentrée sur l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon. Ailleurs, c’était le règne de la contrefaçon et du piratage. Or, c’est en train de changer. 

L’an dernier, c’est en Chine, en Amérique latine et en Corée que les croissances ont été les plus fortes

 Dans ces pays, les amateurs de musiques commencent à accepter de s’abonner pour accéder à la quasi-totalité de la discographie mondiale. Et ça change tout !  Les maisons de disques investissent dans la production d’artistes locaux qui peuvent devenir des phénomènes mondiaux. Le meilleur exemple est la K Pop, dont les playlists, destinées au départ à l’Asie, se sont répandue comme une trainée de poudre sur la planète entière.  

A la 2ème place du podium mondial des artistes 2018, juste derrière Drake, qui trouve-t-on? Le Boys band coréen BTS !  Les artistes s’y retrouvent-ils avec le streaming? La réponse est nuancée: le streaming permet à certains de conquérir le monde en quelques semaines. Mais financièrement, c’est une autre affaire : la plupart des artistes vous diront qu’ils touchent plus que dans un monde de pirates, mais bien moins qu’avec la vente de CD. Certes, à mesure que le streaming se développe, les droits reversés augmentent. Mais pas suffisamment et trop lentement aux yeux des artistes.

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