Le mouvement des Gilets Jaunes est né d’une contestation de la taxe sur les carburants. Mais depuis, les revendications se sont élargies. Ils réclament notamment une augmentation du SMIC.

Une piste pour le gouvernement ?

Justement, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire reçoit ce matin-même à Bercy les représentants du patronat. Officiellement, pour examiner les mesures à prendre en faveur des entreprises, du commerce notamment, malmenées par trois semaines de fronde sociale. 

Mais il sera sans doute question des revendications des Gilets Jaunes qui réclament notamment une hausse du SMIC de 150 € par mois, à 1300 € nets. Ils sont de ce point de vue sur la même ligne que la CGT ou la France insoumise. Mais, du côté du gouvernement, c’est évidemment une autre paire de manches. 

Pourquoi Edouard Philippe a-t-il refusé de donner un coup de pouce au SMIC au 1er janvier ?

Ce coup de pouce au SMIC, tous les prédécesseurs d’Emmanuel Macron, sauf Nicolas Sarkozy, l’ont donné à leur arrivée à l’Elysée, pour soigner leur popularité. 

Mais depuis juillet 2012 et le coup de pouce qui a suivi la victoire de Hollande, cette pratique, un tantinet démago, a été enterrée. Les gouvernements successifs ont tous suivi le groupe d’expert sur le SMIC qui, chaque année depuis 2013, recommande de s’en tenir à la revalorisation légale qui équivaut, en gros, à l’inflation. 

Pourquoi ? Parce que, disent-ils, un coup de pouce aurait un impact négatif sur le coût du travail – quand le SMIC augmente, ça pousse les salaires au-dessus jusqu’à 1,5 ou 2 SMIC à la hausse, ça fragiliserait les entreprises de main d’œuvre, comme le BTP ou la grande distribution et ça nuirait à l’embauche de personnels peu qualifiés. 

Bref, un coup de pouce risquerait en fait de se retourner contre les français que sont censés défendre les Gilets Jaunes. 

Et les entreprises seraient-elles prêtes à donner un coup de pouce aux salaires ? 

La question fait débat au sein monde patronal. Vous avez vu, que les entreprises du mouvement Ethic ont proposé une prime exceptionnelle pour Noël. Et l’U2P, l’organisation professionnelle des artisans et des commerçants, n’est pas opposée à un coup de pouce au Smic. Mais, attention, les chefs d’entreprises sont prêts à augmenter les bas salaires à condition que ce soit financé par des baisses de cotisations et d’exonérations fiscales. Bref, le patronat est prêt à se montrer généreux à condition que l’Etat paie la note. Compte tenu de l’état des finances publiques, ce n’est pas gagné. Un nouveau casse-tête en vue pour l’exécutif.

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