A 36 ans, il a été le plus jeune ministre des finances. Il emmène son bureau à l'Elysée, mais doit affronter deux chocs pétroliers et la hausse du chômage. Il a finalement été plus keynésien que thatchérien.

Photo prise le 13 novembre 1980 à Paris, de Françoise Giroud (2e D), s'entretenant avec le président Valéry Giscard d'Estaing, sous le regard de Simone Veil, alors présidente du Parlement européen.
Photo prise le 13 novembre 1980 à Paris, de Françoise Giroud (2e D), s'entretenant avec le président Valéry Giscard d'Estaing, sous le regard de Simone Veil, alors présidente du Parlement européen. © AFP

Une de ses premières décisions lorsqu’il a été élu président de la République a été de faire venir son bureau du ministère des finances à l’Elysée. Les finances étaient alors rue de Rivoli, là où est aujourd’hui le Louvre. Il y a été, à 36 ans, le plus jeune ministre des finances et a connu quatre Premiers ministres. 

Ce bureau ne lui a pas forcément porté chance : il a dû affronter deux chocs pétroliers. Il est arrivé à l’Elysée en 1974, donc juste après le premier, celui de 1973, qui a mis fin à la grande période de croissance d’après guerre, les trente glorieuses. Puis il a de nouveau subi celui de 1979. 

Il est surtout arrivé en plein désordre monétaire, puisqu’à partir de 1971, les Américains avaient décidé de laisser flotter le dollar. Ils disaient alors :  “le dollar, c’est notre monnaie, c’est votre problème”. 

Quelle a été la politique face à ces crises ? 

Il les pensait passagères. Il a donc d’abord voulu protéger les revenus des chômeurs, puis faire un plan de relance. C’est le lancement du TGV. Mais les restructurations ne s’arrêteront pas. Et sa relance se traduit par une forte inflation sans enrayer la hausse du chômage. Lorsqu’il entre à l’Elysée, il y a 425 000 chômeurs. En novembre 1975, on passe la barre symbolique du million. 

Il s'active. Il parlait beaucoup avec André Bergeron le patron de FO. Il crée le G5, sommet des chefs d’Etat, qui se réunit pour la première fois à Rambouillet. Il a jeté, avec Helmut Schmidt, les bases de l’euro. Il a amené de la rigueur avec Raymond Barre, mais il a toujours été plus keynésien, finalement que thatchérien. 

Son activisme l’a rendu confiant, optimiste, mais en décalage avec les Français, qui voyaient leur sidérurgie fermer, le paquebot France transformé en Norway. Quand on regarde aujourd’hui le taux de chômage à la fin de son quinquennat, il était à 6,3% ce qui ressemblerait à du plein emploi aujourd’hui. Mais au début c’était 3,4%. Les Français n’ont retenu que la hausse. La dette aussi a commencé à monter. Quand il quitte l’Elysée, elle est à 25 % du PIB. 

Son apport à la place des femmes dans l’économie 

Et pas seulement la loi Veil sur l’avortement. Il avait nommé Françoise Giroud, secrétaire d’Etat à la condition féminine et dès le début du quinquennat, ils ont ouvert une série de nouveaux droits pour faciliter le travail des femmes :  

  • l‘accès à la fonction publique des mères de famille, 
  • priorité pour elles aux stages de formation professionnelle, 
  • ouverture des concours de l’enseignement supérieur à la mixité 
  • et protection de l’emploi pendant la grossesse. 
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