C’était presque passé inaperçu pendant les fêtes: deux personnalités françaises viennent de prendre des fonctions importantes dans les sphères économiques russes.

Le dernier transfert en date, c’est celui de Jean-Pierre Thomas. Ce banquier d’affaires passé par le groupe de conseil financier Lazard prend la présidence de Rusal, le géant russe de l’aluminium. Il a été trésorier du Parti républicain, avait quitté la politique en 2005 après sa condamnation dans les affaires de financement illégal de la vie politique. Jean-Pierre Thomas est proche de Nicolas Sarkozy, qui rêvait d’un grand espace économique européen ouvert à la Russie. L’ancien président l’avait nommé représentant spécial en Russie, un pays qu’il connaît bien. 

Autre transfert: celui de Maurice Leroy, ancien député centriste – il vient de démissionner – passé par le Parti Communiste. Lui aussi est proche de Sakozy dont il a été ministre de la ville et responsable du Grand Paris. Il devient directeur général adjoint du Grand Moscou, en charge des projets internationaux. C’est un dossier suivi de très près par le président russe Vladimir Poutine.  

Des annonces étonnantes dans le climat politique tendu entre la Russie et la France

L’annexion de la Crimée, les soupçons d’ingérence dans la vie politique française: tout est oublié. La politique a ses raisons que le business ignore. Et derrière les discours officiels, il y a la réalité des chiffres : Les échanges commerciaux sont en très net rebond entre les deux pays depuis la fin 2017. Ils ont même progressé de 25% au cours des 9 premiers mois de l’année 2018. La France est le premier investisseur direct étranger en Russie. Avec l’arrivé d’Emmanuel Macron à l’Elysée, une forme de realpolitik s’est instaurée entre Paris et Moscou. Et les affaires prospèrent.  

Comment expliquer la cote des Français dans le monde des affaires russe ? 

Dans ce business franco-russe, il n’est pas seulement question d’argent, mais aussi d’image : celle de la Russie de Poutine, qui a besoin d’un sérieux coup de lustre. Au Grand Moscou, Maurice Leroy est supposé rassurer les investisseurs étrangers. Chez Rusal, Jean-Pierre Thomas est censé donner un visage plus acceptable à ce géant industriel : son l’ancien propriétaire, l’oligarque Oleg Deripaska, était dans le collimateur de Washington. Le Français remplace l’Allemand Matthias Warnig, ancien de la Stasi, ex collègue de Poutine du temps de la guerre froide. Un nettoyage de vitrine s’imposait.

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